Cours 68 Shunts gauche-droite ⏱ 21 min

Communication interauriculaire : de l'embryologie à la fermeture, et le piège de la découverte tardive

Le shunt le plus fréquent et le plus longtemps muet : une communication interauriculaire ne fait pas de bruit, elle fait du temps. Ce qui décide de tout n'est pas la taille du défect, mais le retentissement droit et la réversibilité du lit pulmonaire.

🎯 Objectifs pédagogiques
  • Définir une communication interauriculaire et la distinguer formellement d'un foramen ovale perméable, dont l'anatomie, le type de shunt et la prise en charge sont entièrement différents
  • Décrire la septation atriale normale en trois temps et en déduire l'origine embryologique de chacun des types de communication interauriculaire
  • Énumérer les quatre formes anatomiques — ostium secundum, ostium primum, sinus venosus, sinus coronaire — avec leur fréquence, leurs anomalies associées et le mode de fermeture qui leur correspond
  • Expliquer pourquoi le shunt d'une CIA est volumétrique, pré-tricuspide et silencieux, et pourquoi son importance dépend de la compliance ventriculaire plus que de la taille du défect
  • Reconnaître le tableau clinique de l'enfant et les cinq circonstances de découverte chez l'adulte, et savoir qu'une auscultation normale n'élimine pas le diagnostic
  • Analyser le souffle systolique pulmonaire et le dédoublement fixe du deuxième bruit en termes de mécanisme, et établir qu'aucun des deux n'est le bruit du shunt
  • Interpréter l'électrocardiogramme et la radiographie de thorax d'une CIA, et énoncer les cinq questions auxquelles le compte rendu échocardiographique doit répondre
  • Poser l'indication de fermeture sur le retentissement — surcharge droite, Qp/Qs supérieur à 1,5, résistances pulmonaires — et non sur le diamètre du défect, et situer le moment optimal du geste
  • Énoncer les critères anatomiques d'éligibilité à une fermeture percutanée, dont l'analyse des cinq berges septales et la règle de proportion
  • Décrire l'évolution d'une CIA vieillie de l'adulte — arythmies atriales, hypertension pulmonaire, insuffisance cardiaque droite — et fixer les limites au-delà desquelles la fermeture devient délétère
Mots-clés communication interauriculaireCIA ostium secundumCIA ostium primumCIA sinus venosussinus coronaire déplafonnéforamen ovale perméableshunt gauche-droiteshunt pré-tricuspideseptation atrialeseptum primumseptum secundumQp/Qsdédoublement fixe de B2surcharge volumétrique droitebloc de branche droit incompletberges septalesfermeture percutanéeprothèse à double disquesyndrome d'EisenmengerCIA vieilliefibrillation atrialeembolie paradoxaleretour veineux pulmonaire anormal partielsyndrome de Lutembacherhypertension pulmonaire

1. Une communication interauriculaire — et ce qui n'en est pas une

1.1. Définition

Une communication interauriculaire (CIA) est une perte de substance du septum interauriculaire qui fait communiquer en permanence les deux oreillettes. Le sang y passe de gauche à droite non par différence de pression — elle est minime — mais parce que les cavités droites sont plus compliantes : elles se laissent remplir plus facilement.

Deux qualificatifs commandent tout ce qui suit. Le shunt est pré-tricuspide : le volume surnuméraire traverse oreillette droite, valve tricuspide, ventricule droit, valve pulmonaire et lit pulmonaire — toutes ces structures sont dilatées par le volume, et c'est cette dilatation qui fait la maladie. Il est aussi volumétrique, non barométrique : à la différence d'une communication interventriculaire large, il n'impose pas d'emblée une pression élevée au lit pulmonaire, il ajoute du débit. Or les artères pulmonaires acceptent longtemps un débit doublé sans élever leur pression : c'est la raison profonde de la tolérance prolongée.

1.2. Le foramen ovale perméable n'est pas une CIA

🎯 Deux entités, deux maladies Le foramen ovale perméable (FOP) n'est pas un défect septal : c'est la persistance du chevauchement incomplet de deux cloisons par ailleurs normales, sans aucune perte de substance. Le tunnel est plaqué par la pression de l'oreillette gauche et ne s'ouvre que lorsque la pression droite la dépasse transitoirement (Valsalva, toux, effort). D'où trois différences : shunt potentiel, intermittent et droite-gauche ; aucune surcharge volumétrique droite ; seule maladie, l'embolie paradoxale. La CIA, elle, donne un shunt permanent gauche-droite, dilate les cavités droites, et sa maladie est celle du volume. Le FOP existe chez un quart de la population : ce n'est pas une malformation. Corollaire : devant une CIA on ferme un retentissement ; devant un FOP, on ferme après un accident embolique cryptogénique. Un FOP sans accident ne se ferme pas.

1.3. Épidémiologie et terrain

La CIA représente environ 10 % des cardiopathies congénitales de l'enfant, avec une prépondérance féminine de deux pour un ; l'ostium secundum touche 1 naissance vivante sur 1 500. Mais le chiffre qui définit la maladie est ailleurs : c'est la cardiopathie congénitale la plus fréquente de l'adulte (environ 30 % d'entre elles), et un tiers des CIA sont découvertes après 18 ans.

La grande majorité des cas est sporadique. Trois situations en sortent.

  • Les formes familiales avec bloc auriculo-ventriculaire du premier degré (gène NKX2-5) : devant une CIA avec PR long, interrogez la famille et faites-la dépister par électrocardiogramme. L'enjeu n'est pas seulement génétique — le trouble de conduction y est évolutif, du premier degré jusqu'au bloc complet ; il n'est pas corrigé par la fermeture du défect et expose à la syncope et à la mort subite. D'où une surveillance électrocardiographique et Holter à vie, avec indication de stimulateur cardiaque en cas de progression.
  • Le syndrome de Holt-Oram (gène TBX5), autosomique dominant, qui associe des anomalies du membre supérieur, notamment un pouce triphalangé — regardez les mains.
  • Les embryofœtopathies (alcoolisation fœtale) ; les aberrations chromosomiques, au premier rang la trisomie 21, associée à l'ostium primum ; et les syndromes monogéniques, dont le syndrome de Noonan. Ce dernier n'est pas une aberration chromosomique mais une RASopathie autosomique dominante (gène PTPN11 dans environ la moitié des cas, puis SOS1, RAF1…), à caryotype normal : un caryotype normal ne l'élimine donc jamais. Sa cardiopathie la plus caractéristique est la sténose pulmonaire valvulaire dysplasique, la CIA venant au second rang.

2. Physiopathologie : ce que le shunt fait au cœur

2.1. Ce qui détermine l'importance du shunt

Contrairement à une intuition tenace, la taille du défect n'est pas le seul déterminant, ni souvent le principal. Le débit shunté dépend aussi de la compliance relative des deux ventricules — facteur dominant ; de la compliance des oreillettes et du rythme ; des obstacles en aval (un rétrécissement mitral majore le shunt, un rétrécissement pulmonaire le diminue) ; et des anomalies associées, notamment un retour veineux pulmonaire anormal.

Cette dépendance à la compliance explique deux comportements qui déroutent. En cas de défaillance du ventricule gauche, celui-ci devient rigide, la pression de l'oreillette gauche monte et le shunt gauche-droite augmente : le patient ne fait pas d'œdème pulmonaire, mais une congestion droite — la CIA joue le rôle d'une soupape. En cas de défaillance droite ou d'élévation des résistances pulmonaires, c'est l'inverse : le shunt diminue, puis s'inverse, et la cyanose apparaît.

Figure 1 — Le shunt gauche-droite et le rapport des débits. À gauche, la circulation normale ; à droite, une communication interauriculaire dont le débit pulmonaire vaut deux fois le débit systémique. Ce rapport se lit ici sur les saturations, par l'équation de Fick : (100 − 70) / (100 − 85) = 2 — les chiffres portés sur les flèches ne sont qu'indicatifs et ne doivent pas être recalculés. Regardez d'abord la saturation des cavités droites, remontée de 70 à 85 % parce que du sang déjà oxygéné y revient : c'est le fondement de l'oxymétrie étagée. Regardez ensuite la pression artérielle pulmonaire : elle passe de 10 à 20 mmHg quand le débit double, alors que la pression aortique en regard se compte en dizaines. Le lit pulmonaire encaisse le débit sans jamais passer en régime systémique — c'est toute la tolérance de la CIA, et la raison pour laquelle l'Eisenmenger y est rare.
Figure 1 — Le shunt gauche-droite et le rapport des débits. À gauche, la circulation normale ; à droite, une communication interauriculaire dont le débit pulmonaire vaut deux fois le débit systémique. Ce rapport se lit ici sur les saturations, par l'équation de Fick : (100 − 70) / (100 − 85) = 2 — les chiffres portés sur les flèches ne sont qu'indicatifs et ne doivent pas être recalculés. Regardez d'abord la saturation des cavités droites, remontée de 70 à 85 % parce que du sang déjà oxygéné y revient : c'est le fondement de l'oxymétrie étagée. Regardez ensuite la pression artérielle pulmonaire : elle passe de 10 à 20 mmHg quand le débit double, alors que la pression aortique en regard se compte en dizaines. Le lit pulmonaire encaisse le débit sans jamais passer en régime systémique — c'est toute la tolérance de la CIA, et la raison pour laquelle l'Eisenmenger y est rare.

2.2. La chaîne des conséquences

  • Surcharge de l'oreillette droite → dilatation et hyperdébit tricuspide → roulement diastolique tricuspide par rétrécissement tricuspide relatif ; à long terme, fibrose atriale et arythmies.
  • Surcharge du ventricule droit → dilatation et allongement du temps d'éjection → retard de fermeture des sigmoïdes pulmonaires → dédoublement de B2 ; dépolarisation allongée → bloc de branche droit incomplet.
  • Hyperdébit à travers une valve pulmonaire normalesouffle systolique éjectionnel par rétrécissement pulmonaire relatif.
  • Hyperdébit pulmonaire chronique → dilatation du tronc de l'artère pulmonaire et hypervascularisation radiologique ; puis, chez une minorité de patients et après des décennies, artériolite pulmonaire, hypertension pulmonaire fixée et syndrome d'Eisenmenger.

2.3. Pourquoi la tolérance est si longue

Le lit vasculaire pulmonaire est un système à basse pression et à grande réserve : il accepte deux à trois fois le débit normal en recrutant et en distendant ses capillaires, sans élever sa pression. C'est cette propriété, non la petite taille du défect, qui explique qu'un enfant porteur d'une CIA large soit asymptomatique. D'où la règle : l'absence de symptôme n'est pas l'absence de retentissement. Ce qui se dilate silencieusement, ce sont les cavités droites.

3. Reconnaître : circonstances de découverte et examen physique

3.1. Chez le nourrisson et l'enfant

Le tableau est celui du silence : enfant rose, croissance normale, pas d'insuffisance cardiaque. Le diagnostic se fait le plus souvent sur un souffle systolique modéré découvert à un examen systématique vers quelques mois. En cas de shunt important : fatigabilité et infections bronchiques récidivantes. Chez le grand enfant, on cherche une déformation thoracique.

3.2. Chez l'adulte

C'est ici que se joue le piège du cours. Les patients restent asymptomatiques jusqu'à l'âge adulte et la plupart deviennent symptomatiques après 40 ans. Cinq circonstances doivent faire penser à une CIA chez un adulte réputé sain :

  1. une dyspnée d'effort très progressive, mise sur le compte de l'âge ou du déconditionnement — le patient a adapté son mode de vie année après année ;
  2. des palpitations révélant une fibrillation ou un flutter auriculaire ;
  3. des signes d'insuffisance cardiaque droite, souvent précipités par le passage en arythmie, après 50 ans ;
  4. un accident ischémique cérébral, par embolie paradoxale ou sur fibrillation atriale ;
  5. bien plus rarement aujourd'hui, une cyanose par inversion du shunt.
⚠️ La règle à retenir pour toute la vie professionnelle Devant un adulte associant fibrillation atriale, dilatation des cavités droites et hypertension pulmonaire modérée sans cause gauche évidente, il faut chercher une communication interauriculaire — quel que soit son âge, et même si aucun souffle n'a jamais été entendu. Ce tableau est celui de la CIA vieillie, régulièrement étiqueté à tort « insuffisance cardiaque du sujet âgé » ou « cœur pulmonaire chronique ».

3.3. L'auscultation : quatre signes, un seul spécifique

À la palpation : absence de frémissement — le shunt est à basse vitesse — et éventuel signe de Harzer.

SigneCaractèresMécanisme et valeur
Souffle systoliqueDoux, éjectionnel, 1 à 3 sur 6, maximum aux 2e-3e espaces intercostaux gauches, irradiant vers le dos et les aissellesRétrécissement pulmonaire relatif : hyperdébit à travers une valve pulmonaire normale. Sensible, non spécifique — ce n'est pas le bruit du shunt
Dédoublement large et fixe de B2Au foyer pulmonaire ; l'écart des deux composantes ne varie pas avec la respirationRetard permanent de fermeture pulmonaire et abolition de la variation respiratoire du remplissage droit. Signe cardinal, quasi spécifique
Roulement diastolique tricuspideBas situé, à l'appendice xiphoïde, souvent discretRétrécissement tricuspide relatif. Signe un shunt important
B1 fortAu foyer tricuspide ; inconstantFermeture vigoureuse d'une valve tricuspide largement ouverte sur un ventricule droit surchargé. Ni sensible ni spécifique

Avertissement capital chez l'adulte : souffle et dédoublement fixe y deviennent inconstants — emphysème, obésité, baisse du débit shunté. Une auscultation normale n'élimine pas une CIA.

4. Embryologie et classification anatomique : quatre maladies sous un même nom

Le tableau clinique décrit plus haut recouvre en réalité quatre malformations d'embryologie, de pronostic et de traitement différents.

4.1. La septation atriale en trois temps

La cloison interauriculaire n'est pas un mur : c'est un système à deux feuillets décalés, fait pour laisser passer le sang de droite à gauche in utero, puis se fermer à la naissance.

  1. Vers le 27e-28e jour, une première cloison, le septum primum, descend du toit de l'oreillette primitive vers les bourrelets endocardiques. L'espace laissé au-dessous d'elle est l'ostium primum, qui se ferme lorsque le septum primum rejoint les bourrelets.
  2. Avant qu'il ne se ferme, la partie haute du septum primum se fenêtre par apoptose : c'est l'ostium secundum, qui prend le relais et maintient la communication fœtale.
  3. Vers la 5e-6e semaine, une seconde cloison musculaire, le septum secundum, se développe à droite de la première et recouvre partiellement l'ostium secundum sans le fermer. Le décalage laisse un chenal oblique, le foramen ovale : valve à sens unique qui se plaque à la naissance, quand la pression gauche dépasse la droite.
Figure 2 — La septation atriale en trois temps. Le septum primum descend vers les bourrelets endocardiques ; il se fenêtre en haut, donnant l'ostium secundum ; puis le septum secundum pousse à sa droite et laisse entre les deux feuillets le chenal oblique du foramen ovale. Un défaut de fermeture en bas donne l'ostium primum, un excès de résorption en haut l'ostium secundum, une absence de fusion le foramen ovale perméable.

Cette architecture explique tout : un défaut de fermeture en bas donne l'ostium primum ; un excès de résorption en haut, ou un septum secundum trop court, l'ostium secundum ; l'absence de fusion des deux feuillets, sans perte de substance, le foramen ovale perméable — qui n'est donc pas une CIA.

4.2. Les quatre formes anatomiques

Figure 3 — Les quatre localisations, vues sur la cloison interauriculaire depuis l'oreillette droite. Au centre de la fosse ovale, l'ostium secundum ; en bas, au contact de l'anneau valvulaire, l'ostium primum, qui n'a donc pas de berge du côté des valves auriculo-ventriculaires (berge antéro-inférieure) — à ne pas confondre avec la berge cave inférieure, qui est une autre berge ; en haut, contre l'abouchement de la veine cave supérieure, le sinus venosus ; à l'orifice du sinus coronaire, la forme la plus rare.
Type%Siège et mécanismeAssociationsTraitement
Ostium secundum~70Région de la fosse ovale : déhiscence du septum primum, plus rarement du secundum. Centrale, supérieure, inférieure, postérieure ou multipleAnévrysme septal, septum multiperforé, retour veineux anormal (≈ 10 %), prolapsus mitralFermeture percutanée si les berges le permettent ; sinon chirurgie
Ostium primum~10-15Partie basse du septum, en continuité avec les valves auriculo-ventriculairesSpectre du canal atrio-ventriculaire : fente de la valve auriculo-ventriculaire gauche avec fuite mitrale ; trisomie 21Chirurgie obligatoire : fermeture et réparation de la fente. Jamais de dispositif
Sinus venosus~10Pas un défect du septum lui-même : déhiscence de la paroi séparant les veines pulmonaires droites de la veine cave supérieure (forme haute) ou inférieure (rare)Retour veineux pulmonaire anormal quasi constant ; prépondérance masculineChirurgie : patch de redirection ou intervention de Warden
Sinus coronaire< 1Défaut du toit du sinus coronaire, total (unroofed) ou partiel. Shunt : oreillette gauche → sinus coronaire → oreillette droiteVeine cave supérieure gauche persistanteChirurgie
🎯 Une seule des quatre est accessible au cathétérisme Seule la CIA ostium secundum peut être fermée par voie percutanée, et seulement si ses berges le permettent. Les trois autres relèvent de la chirurgie : pas de berge (ostium primum, au contact des valves), défect situé hors du septum avec retour veineux à rediriger (sinus venosus), ou position même du défaut (sinus coronaire). Écrire « CIA » sans préciser le type, c'est ne rien dire d'utile au chirurgien ni au cardiologue interventionnel.

4.3. Formes associées à connaître

  • Retour veineux pulmonaire anormal partiel : l'anomalie associée la plus fréquente. Il ajoute son propre shunt et modifie le geste. À évoquer devant une dilatation droite disproportionnée par rapport au défect visible.
  • Anévrysme du septum : bombement de plus de 10 à 15 mm, souvent fenêtré, avec risque d'embolie paradoxale.
  • Rétrécissement pulmonaire valvulaire : souffle plus intense, hypertrophie ventriculaire droite électrique plus marquée.
  • Syndrome de Lutembacher : CIA et rétrécissement mitral rhumatismal. Le rétrécissement élève la pression de l'oreillette gauche et majore le shunt ; en retour, la CIA décomprime l'oreillette gauche et atténue le gradient mitral. Deux maladies qui se masquent l'une l'autre.

5. Confirmer et quantifier : ECG, radiographie, échocardiographie

5.1. L'électrocardiogramme

Le rythme est le plus souvent sinusal chez l'enfant et l'adulte jeune ; les arythmies supraventriculaires sont tardives. Les anomalies caractéristiques traduisent la surcharge volumétrique droite : déviation axiale droite ; aspect rsR' en V1-V2 et en aVR, c'est-à-dire un bloc de branche droit incomplet, l'amplitude de R' étant grossièrement corrélée à la surcharge ; hypertrophie ventriculaire droite franche si rétrécissement pulmonaire ou hypertension pulmonaire associés. Deux indices précieux : un bloc auriculo-ventriculaire du premier degré évoque une forme familiale, et une déviation axiale gauche avec hémibloc antérieur gauche — l'inverse de ce qu'on attend — évoque un ostium primum.

Figure 4 — Signature électrique de la surcharge volumétrique droite. Cherchez en V1 l'aspect rsR' : c'est un bloc de branche droit incomplet, et l'amplitude de R' suit grossièrement l'importance de la surcharge. L'axe de QRS est dévié à droite. Une déviation axiale gauche, à l'inverse, ferait évoquer un ostium primum.
Figure 4 — Signature électrique de la surcharge volumétrique droite. Cherchez en V1 l'aspect rsR' : c'est un bloc de branche droit incomplet, et l'amplitude de R' suit grossièrement l'importance de la surcharge. L'axe de QRS est dévié à droite. Une déviation axiale gauche, à l'inverse, ferait évoquer un ostium primum.

5.2. La radiographie de thorax

Ce n'est plus un examen diagnostique, mais c'est souvent celui qui alerte, parce qu'il est fait pour autre chose : cardiomégalie par dilatation droite, saillie de l'arc moyen gauche par dilatation du tronc de l'artère pulmonaire, hypervascularisation artérielle pulmonaire jusqu'aux périphéries. Chez l'adulte, le volume cardiaque augmente progressivement : comparer les clichés anciens est instructif.

Figure 5 — Radiographie thoracique de face d'une communication interauriculaire à gros shunt chez l'adulte. Trois choses à voir, et dans cet ordre : une cardiomégalie par dilatation des cavités droites ; des hiles élargis, le tronc de l'artère pulmonaire et ses branches étant dilatés par l'hyperdébit ; et surtout une hypervascularisation artérielle qui s'étend jusqu'aux périphéries — suivez les opacités vasculaires jusque dans le tiers externe des champs pulmonaires, là où le poumon normal paraît vide. C'est ce signe, et non la seule taille du cœur, qui traduit le shunt. Chez l'adulte, c'est souvent ce type de cliché — demandé pour tout autre motif — qui déclenche le diagnostic.
Figure 5 — Radiographie thoracique de face d'une communication interauriculaire à gros shunt chez l'adulte. Trois choses à voir, et dans cet ordre : une cardiomégalie par dilatation des cavités droites ; des hiles élargis, le tronc de l'artère pulmonaire et ses branches étant dilatés par l'hyperdébit ; et surtout une hypervascularisation artérielle qui s'étend jusqu'aux périphéries — suivez les opacités vasculaires jusque dans le tiers externe des champs pulmonaires, là où le poumon normal paraît vide. C'est ce signe, et non la seule taille du cœur, qui traduit le shunt. Chez l'adulte, c'est souvent ce type de cliché — demandé pour tout autre motif — qui déclenche le diagnostic.

5.3. L'échocardiographie : l'examen clé

Elle affirme le diagnostic, en précise le type, mesure le retentissement et guide le traitement. Le compte rendu doit répondre explicitement à cinq questions :

  1. Quel type ? Siège, taille, nombre, aspect du septum (anévrysmal, multiperforé), hauteur septale totale.
  2. Quelles berges ? Leur mesure conditionne l'éligibilité percutanée (section 8).
  3. Quel retentissement ? Dilatation de l'oreillette et du ventricule droits, mouvement paradoxal du septum interventriculaire — signe direct de surcharge volumétrique droite.
  4. Quel shunt ? Direction au Doppler pulsé, cartographie couleur, rapport des débits pulmonaire et systémique (Qp/Qs).
  5. Quelles pressions, quelles lésions associées ? Pression pulmonaire estimée sur l'insuffisance tricuspide, retour veineux anormal, fente mitrale, rétrécissement mitral.
Figure 6 — Doppler couleur à l'étage auriculaire : large colonne de flux franchissant la solution de continuité du septum, dirigée vers la sonde et vers l'oreillette droite. Retenez que c'est la couleur qui affirme le passage — sur l'image bidimensionnelle seule, l'incidence apicale donne des faux positifs, le faisceau y étant parallèle au septum. Retenez surtout l'aspect : une colonne large et laminaire, et non un jet fin et turbulent, parce que le gradient interauriculaire n'est que de quelques millimètres de mercure. L'échelle de vitesse étant volontairement basse pour détecter ce flux lent, quelques plages d'aliasing bleues ou jaunes peuvent apparaître sur ses bords : cela ne veut pas dire que le flux est rapide. En revanche, un véritable jet en mosaïque, étroit et bruyant, doit faire chercher autre chose.
Figure 6 — Doppler couleur à l'étage auriculaire : large colonne de flux franchissant la solution de continuité du septum, dirigée vers la sonde et vers l'oreillette droite. Retenez que c'est la couleur qui affirme le passage — sur l'image bidimensionnelle seule, l'incidence apicale donne des faux positifs, le faisceau y étant parallèle au septum. Retenez surtout l'aspect : une colonne large et laminaire, et non un jet fin et turbulent, parce que le gradient interauriculaire n'est que de quelques millimètres de mercure. L'échelle de vitesse étant volontairement basse pour détecter ce flux lent, quelques plages d'aliasing bleues ou jaunes peuvent apparaître sur ses bords : cela ne veut pas dire que le flux est rapide. En revanche, un véritable jet en mosaïque, étroit et bruyant, doit faire chercher autre chose.

Quatre repères suffisent ici. La coupe sous-costale est la référence chez l'enfant : le faisceau y est perpendiculaire au septum. La coupe apicale expose à des faux positifs par perte d'écho, le faisceau étant parallèle au septum : le Doppler couleur tranche. La parasternale petit axe, à hauteur des gros vaisseaux, montre le défect en position rétro-aortique et sert à l'analyse des berges rétro-aortique et postérieure — à ne pas confondre avec la parasternale grand axe, qui n'expose pas le septum interauriculaire de façon exploitable. L'échocardiographie transœsophagienne devient indispensable chez l'adulte peu échogène.

📚 Renvoi La technique de mesure du défect et des berges, les incidences détaillées, le calcul du Qp/Qs et la quantification du shunt sont développés dans la discipline Échocardiographie : voir le cours 03, Les communications interauriculaires. Pour le ventricule droit, voir le cours 13, La fonction cardiaque droite ; pour les pressions pulmonaires, voir le cours 18, La mesure des pressions droites.

5.4. Les autres examens, et leur juste place

Le cathétérisme droit est inutile au diagnostic : ses seules indications sont l'hypertension pulmonaire — résistances et test de réversibilité — et le doute sur un retour veineux anormal. L'oxymétrie étagée y montre un saut oxymétrique auriculaire, la saturation dans l'oreillette droite dépassant celle des veines caves : un saut d'au moins 7 points est retenu comme significatif à l'étage auriculaire dans les manuels de cathétérisme, et le chiffre de 10 points, souvent cité, correspond déjà à un shunt franc (voir le cours 44, Le cathétérisme cardiaque droit et gauche). Le scanner ou l'IRM cartographient un retour veineux anormal. L'exploration électrophysiologique est réservée aux troubles du rythme documentés (voir le cours 35, Les troubles du rythme cardiaque).

6. Histoire naturelle : ce que le temps fait à une CIA

PériodeCe qui se passeCe qu'on observe
0 à 3 ansFermeture spontanée possible : une petite CIA — de 5 à 8 mm ou moins — peut se fermer, souvent avant 18 mois, et d'autant plus volontiers qu'elle est plus petiteEnfant asymptomatique : on surveille avant de décider
Enfance, adolescenceLe lit pulmonaire absorbe l'hyperdébit sans élever sa pressionExcellente tolérance, dilatation droite silencieuse. Endocardite exceptionnelle
20 à 40 ansLa compliance du ventricule gauche diminue et la dilatation atriale agrandit le défect → le shunt augmentePremiers symptômes, attribués au déconditionnement. Pressions pulmonaires en hausse après la 2e décennie
Après 30-40 ansL'oreillette droite dilatée et fibrosée devient arythmogèneFibrillation et flutter auriculaire ; accidents thromboemboliques
Après 50 ansDébit et résistances pulmonaires augmentent ; dysfonction droite favorisée par l'arythmieInsuffisance cardiaque droite, hypertension pulmonaire modérée : la « CIA vieillie »
Évolution rareArtériolite pulmonaire : hypertrophie de la média, prolifération intimale, fibrose → hypertension pulmonaire fixéeSyndrome d'Eisenmenger : pressions droites supra-systémiques, shunt inversé, cyanose, polyglobulie. Fermeture formellement contre-indiquée

Deux remarques sur l'Eisenmenger, souvent mal situé. Il est rare sur une CIA — bien plus que sur une communication interventriculaire ou un canal artériel, parce que le lit pulmonaire n'a jamais subi de régime de pression. Et il apparaît volontiers dès la deuxième décennie, très rarement après 35 ans, ce qui suggère une prédisposition génétique. Qui a passé la trentaine sans Eisenmenger ne le fera probablement jamais — mais il fera de l'arythmie et de l'insuffisance cardiaque droite.

⚠️ À savoir dès le deuxième cycle Le syndrome d'Eisenmenger ne contre-indique pas seulement la fermeture. Chez la femme, il contre-indique formellement la grossesse : catégorie IV de la classification modifiée de l'Organisation mondiale de la santé, mortalité maternelle très élevée — la chute des résistances systémiques aggrave l'inversion du shunt et l'hypoxémie. C'est l'une des rares situations cardiologiques où l'interruption médicale de grossesse doit être proposée et discutée. Une contraception efficace doit donc être abordée dès l'adolescence (développé en section 11.2).

7. Fermer : le principe, le moment, les deux techniques

7.1. Qui fermer

Le principe tient en une phrase : on ferme un retentissement, pas un trou. Trois éléments fondent la décision, et le diamètre du défect n'en fait pas partie : la surcharge volumétrique des cavités droites — dilatation droite, mouvement septal paradoxal — critère central ; un Qp/Qs supérieur à 1,5 ; l'absence d'hypertension pulmonaire fixée.

🎯 La règle inverse, tout aussi importante Une CIA sans surcharge ventriculaire droite doit être respectée. Un petit défect, sans dilatation des cavités droites, chez un patient asymptomatique, ne se ferme pas : on l'exposerait aux complications d'une procédure sans bénéfice. La seule exception discutée est l'antécédent d'embolie paradoxale.

7.2. Quand fermer

Chez l'enfant, l'âge de référence est de 3 à 5 ans et le poids optimal pour la voie percutanée d'environ 15 kg — le calibre des désilets et l'espace intra-atrial dictent cette limite. On ferme plus tôt si le shunt est mal toléré, on attend 2 à 3 ans devant un petit défect susceptible de se fermer seul. Chez l'adulte, on ferme dès le diagnostic si les conditions sont réunies, quel que soit l'âge — la question n'étant plus « faut-il attendre ? » mais « n'est-il pas trop tard ? » (section 10).

7.3. Comment fermer

Fermeture percutanéeChirurgie
IndicationCIA ostium secundum d'anatomie favorableToutes les autres formes ; ostium secundum à berges insuffisantes ou trop large ; lésion associée à traiter
PrincipeProthèse à double disque en nitinol déployée à cheval sur le septum par voie veineuse fémorale, sous contrôle échographique et scopiqueSous circulation extracorporelle : suture directe ou patch, redirection des veines pulmonaires, réparation de la fente si ostium primum
AvantagesNi sternotomie ni circulation extracorporelle, hospitalisation courte, pas de cicatrice atriale — donc pas de flutter cicatricielApplicable à toutes les anatomies ; traite les lésions associées dans le même temps
Après le gesteAntiagrégant plaquettaire 6 mois, le temps de l'endothélialisation : aspirine 3 à 5 mg/kg/j chez l'enfant, sans dépasser 75 à 100 mg/j ; 75 à 100 mg/j chez l'adulte. Prophylaxie de l'endocardite 6 moisSurveillance habituelle ; risque de flutter cicatriciel par atriotomie. Si un patch a été utilisé — ce qui est la règle dans l'ostium primum, le sinus venosus et le sinus coronaire — : prophylaxie de l'endocardite 6 mois, exactement comme après une prothèse percutanée
🛡️ Sécurité — l'aspirine de l'enfant n'est pas celle de l'adulte La dose antiagrégante de l'enfant est de 3 à 5 mg/kg/j, sans dépasser la dose adulte de 75 à 100 mg/j. Appliquer d'emblée 75 à 100 mg/j à un enfant de 15 kg — le poids même auquel on ferme — revient à 5 à 6,7 mg/kg/j, et près de 10 mg/kg/j chez un nourrisson de 10 kg fermé plus tôt pour mauvaise tolérance : on a quitté la dose antiagrégante pour une dose anti-inflammatoire, avec le risque hémorragique correspondant. Deux précautions s'y ajoutent chez l'enfant sous aspirine prolongée : vaccination antigrippale et antivaricelleuse, et suspension du traitement en cas de varicelle ou de syndrome grippal fébrile, en raison du risque de syndrome de Reye — reprise après avis du cardiopédiatre.

7.4. Ce qu'on peut attendre — et ce qu'on ne peut pas

Les résultats sont excellents si la fermeture est précoce : fermée avant 20 ans, une CIA donne une espérance de vie comparable à celle de la population générale, et les complications sont rares. Mais ce qu'on ne peut pas attendre doit être annoncé : fermer ne guérit pas une arythmie déjà installée et n'efface pas un remodelage atrial constitué. C'est l'argument décisif en faveur d'une fermeture au bon moment.

8. L'anatomie du septum et l'éligibilité percutanée — pour aller plus loin

📘 À partir d'ici Socle du deuxième cycle : les sections 1 à 7, puis les sections 12 et 13 — points clés et pièges fréquents, qui sont la synthèse du socle et le meilleur matériel de révision : allez-y directement si vous préparez l'examen. Les sections 8 à 11 qui suivent développent le niveau du mastère de cardiopathie congénitale et pédiatrique.

8.1. Lire un septum : les berges

Un dispositif percutané tient parce que ses deux disques prennent appui sur du tissu septal de part et d'autre du défect. La berge est la longueur de septum entre le bord du défect et la structure voisine.

BergeStructure voisine et plan d'analyseImportance
Rétro-aortiqueRacine aortique ; petit axe de la base, 30-45°La seule dont l'absence n'est pas une contre-indication ; souvent déficiente
Postérieure
(appelée postéro-inférieure dans le diaporama source)
Paroi postérieure de l'oreillette et veines pulmonaires droites ; petit axe 30-45°, transœsophagien 0°Critique : son absence contre-indique en pratique le dispositif
Cave supérieureVeine cave supérieure ; bicave 90-120°Critique. Son absence doit faire chercher une forme sinus venosus
Cave inférieureVeine cave inférieure et valvule d'Eustachi ; bicave 90-120°La plus critique : son absence contre-indique formellement le dispositif (embolisation)
Vers les valves auriculo-ventriculairesAnneaux mitral et tricuspide ; 4 cavités, 0°Critique ; son absence définit l'ostium primum, jamais fermé par voie percutanée
📌 Attention à la nomenclature des berges De nombreux auteurs — et la classification de référence de l'American Society of Echocardiography — appellent « postéro-inférieur » le rebord cave inférieur lui-même. Les cinq rebords de cette classification sont : aortique (antéro-supérieur), cave supérieur, cave inférieur (dit aussi postéro-inférieur), postérieur (vers les veines pulmonaires droites) et valvulaire auriculo-ventriculaire (antéro-inférieur). Devant un compte rendu, vérifiez donc de quelle berge on vous parle : de l'appui inférieur du disque, ou de son appui postérieur. La confusion n'est pas anodine : l'une contre-indique la prothèse, l'autre non.
Figure 7 — Échographie transœsophagienne, plan proche de la bicave (89 degrés). Le septum interauriculaire est déroulé sur toute sa longueur : on voit la large solution de continuité et, de part et d'autre, les berges épaissies. C'est le plan de référence pour mesurer les berges cave supérieure et cave inférieure avant une fermeture percutanée.
Figure 7 — Échographie transœsophagienne, plan proche de la bicave (89 degrés). Le septum interauriculaire est déroulé sur toute sa longueur : on voit la large solution de continuité et, de part et d'autre, les berges épaissies. C'est le plan de référence pour mesurer les berges cave supérieure et cave inférieure avant une fermeture percutanée.

L'échocardiographie tridimensionnelle transœsophagienne apporte ce que le bidimensionnel ne donne pas : la vue en face du septum, qui montre d'un seul regard la géométrie réelle du défect — ronde, ovale, en membrane, multiperforée — et la répartition circonférentielle des berges. Un défect ovale mesuré sur son petit axe est sous-estimé en deux dimensions.

8.2. Les critères de sélection

  • Type : ostium secundum, exclusivement ; diamètre étiré ≤ 38-40 mm.
  • Berges ≥ 5 mm pour toutes, sauf la berge rétro-aortique dont l'absence est tolérée.
  • Règle de proportion : le diamètre maximal du défect augmenté de 14 mm doit rester inférieur à la longueur totale du septum — le disque doit se déployer sans déborder.
  • Absence d'autre lésion chirurgicale et de retour veineux pulmonaire anormal.

Deux nuances mal connues : les CIA multiples ne sont pas une contre-indication absolue — on peut implanter deux dispositifs, ou un seul couvrant plusieurs fenestrations proches ; et l'absence de berge rétro-aortique n'en est pas une non plus. En revanche, des berges très souples et fines, qui se dérobent au ballon, sont plus dangereuses qu'une berge courte mais ferme.

Enfin, le diamètre échographique sous-estime souvent la taille fonctionnelle du défect, dont les bords sont distensibles : la mesure au ballon de calibrage donne le diamètre étiré qui sert à choisir la prothèse. Beaucoup d'équipes s'en passent au profit du 3D transœsophagien.

9. Indications, contre-indications et modalités — pour aller plus loin

9.1. Ce que disent les recommandations

Les recommandations européennes (ESC 2020) et américaines (AHA/ACC 2018) convergent sur une logique : c'est la surcharge droite qui indique, ce sont les résistances pulmonaires qui contre-indiquent.

SituationConduiteForce
Surcharge volumétrique du ventricule droit, sans hypertension pulmonaire ni maladie du cœur gauche, symptomatique ou nonFermeture recommandéeClasse I
CIA ostium secundum d'anatomie favorableVoie percutanée = méthode de choixClasse I
Suspicion d'embolie paradoxale, autres causes excluesÀ considérer, indépendamment de la taille du shuntClasse IIa
Résistances pulmonaires ≥ 3 et < 5 unités Wood, shunt gauche-droite persistant (Qp/Qs > 1,5)À considérer, en centre spécialiséClasse IIa
Résistances ≥ 5 unités Wood abaissées sous traitement vasodilatateur ciblé, Qp/Qs > 1,5Éventuellement discutée en centre expert, parfois avec dispositif fenêtréClasse IIb
Syndrome d'Eisenmenger ; résistances ≥ 5 unités Wood malgré traitement ciblé ; désaturation à l'effortContre-indiquéeClasse III
CIA sans surcharge droite, sans antécédent emboliqueAbstention et surveillance

9.2. La zone grise de l'hypertension pulmonaire

C'est la décision la plus difficile de la pathologie. Tant que les artérioles pulmonaires sont saines, l'hyperdébit n'élève pas la pression : le shunt reste gauche-droite et la fermeture restitue une circulation normale. Lorsqu'elles se remodèlent, les résistances montent, le shunt diminue, puis s'inverse. À ce stade, la CIA n'est plus une maladie, c'est une soupape : elle décharge un ventricule droit dépassé, et la fermer revient à le condamner. D'où une démarche en trois temps.

  1. Vérifier le chiffre — et vérifier de quelle pression on parle. L'estimation échographique est majorée par le gradient transvalvulaire pulmonaire lié à l'hyperdébit lui-même. Surtout, l'échocardiographie n'estime pas la pression pulmonaire moyenne : elle estime la pression systolique, à partir du flux d'insuffisance tricuspide (section 5.3). Une PAP systolique estimée au-delà de 40 à 45 mmHg — ou tout autre signe non invasif d'hypertension pulmonaire — impose une évaluation hémodynamique invasive avant de poser l'indication de fermeture. Retenir un seuil de 45 mmHg de moyenne reviendrait à n'explorer que les hypertensions pulmonaires déjà sévères, c'est-à-dire à laisser passer en fermeture précisément les patients dont les résistances sont en train de monter.
  2. Mesurer les résistances par cathétérisme droit, avec oxymétrie étagée et calcul du Qp/Qs.
  3. Tester la réversibilité : vasodilatateurs pulmonaires, au premier rang desquels le monoxyde d'azote inhalé ; parfois test d'occlusion au ballon du défect. La persistance d'un shunt gauche-droite est en elle-même un argument favorable.

9.3. La procédure percutanée

Figure 8 — Scopie de face pendant une fermeture percutanée. Le ballon de calibrage, gonflé à cheval sur la cloison, apparaît comme une ellipse dense horizontale ; la sonde d'échographie transœsophagienne se projette juste au-dessus, le guide traverse le ballon. C'est sur ce ballon que se lit le diamètre étiré du défect, celui qui sert à choisir la taille de la prothèse.
Figure 8 — Scopie de face pendant une fermeture percutanée. Le ballon de calibrage, gonflé à cheval sur la cloison, apparaît comme une ellipse dense horizontale ; la sonde d'échographie transœsophagienne se projette juste au-dessus, le guide traverse le ballon. C'est sur ce ballon que se lit le diamètre étiré du défect, celui qui sert à choisir la taille de la prothèse.

Par voie veineuse fémorale, sous double guidage scopique et échographique, la prothèse est déployée disque gauche d'abord, puis disque droit ; avant largage, on vérifie sa stabilité et l'absence de conflit avec les valves, l'aorte, le sinus coronaire et les veines pulmonaires. Complications spécifiques, rares mais graves : embolisation du dispositif, érosion de la paroi auriculaire ou de la racine aortique — favorisée par une berge rétro-aortique absente et une prothèse surdimensionnée —, thrombose sur prothèse, bloc auriculo-ventriculaire.

9.4. La prophylaxie après fermeture percutanée

  • Moins de 50 ans, sans antécédent de fibrillation atriale : antiagrégant plaquettaire 6 mois — aspirine 3 à 5 mg/kg/j chez l'enfant, sans dépasser 75 à 100 mg/j ; 75 à 100 mg/j chez l'adulte.
  • Plus de 50 ans, sans antécédent de fibrillation atriale : anticoagulation orale 3 mois, puis antiagrégant 3 mois — risque d'arythmie précoce. Cette stratégie est celle retenue dans ce cours et par de nombreuses équipes ; les recommandations ESC 2020 et AHA/ACC 2018 ne prescrivent, elles, qu'un antiagrégant après fermeture percutanée.
  • Fibrillation atriale permanente préexistante : anticoagulation orale poursuivie au long cours.
  • Endocardite : prophylaxie 6 mois après toute fermeture utilisant du matériel prothétique — prothèse percutanée ou patch chirurgical —, le temps de l'endothélialisation ; au-delà, le risque redevient exceptionnel. Une suture directe, sans matériel, n'en relève pas.

10. La CIA vieillie de l'adulte — pour aller plus loin

10.1. Pourquoi le shunt grossit avec l'âge

L'aggravation clinique et hémodynamique avec l'âge est constante, et procède de deux facteurs successifs.

À partir de 20 ans, l'augmentation progressive du shunt gauche-droite. Deux causes s'additionnent : la diminution naturelle de la compliance du ventricule gauche — accentuée par l'hypertension artérielle, la maladie coronaire, le diabète — élève la pression de l'oreillette gauche et pousse davantage de sang vers la droite ; et la dilatation des oreillettes augmente le calibre du défect. Voilà le mécanisme central de la CIA vieillie, parfaitement contre-intuitif : ce sont les maladies acquises du cœur gauche qui aggravent la malformation congénitale.

Surtout après 50 ans, l'élévation du débit et des résistances pulmonaires, l'hyperdébit chronique altérant très progressivement le lit vasculaire. D'où le tableau typique : hypertension pulmonaire modérée, insuffisance cardiaque droite, fibrillation auriculaire.

10.2. Le tableau du patient de plus de cinquante ans

L'ECG montre un allongement progressif de QRS — le bloc de branche droit incomplet devient complet — et surtout une fibrillation ou un flutter auriculaire. L'échocardiographie doit répondre à des questions supplémentaires : quantifier la fonction ventriculaire droite, mesurer la pression pulmonaire systolique en se méfiant de la surestimation liée à l'hyperdébit, et — point souvent oublié — évaluer la fonction systolo-diastolique du ventricule gauche, dont dépend la tolérance de la fermeture.

10.3. Fermer après quarante ans : le bénéfice réel

Âge à la fermetureSurvieMorbidité
Avant 20 ansIdentique à la population généraleArythmies rares si la correction a lieu avant 25 ans
20 à 40 ansGain modeste mais réelRéduction nette des symptômes et du remodelage droit
Après 40 ansPas d'impact démontré sur la mortalitéRéduction de la morbidité : hypertension pulmonaire, insuffisance cardiaque, accident vasculaire cérébral. Amélioration fonctionnelle constante

Le bénéfice fonctionnel est mesurable : les patients asymptomatiques augmentent leur consommation maximale d'oxygène à six mois, les symptomatiques s'améliorent nettement. Deux mécanismes : la baisse des pressions pulmonaires et un meilleur remplissage du ventricule gauche, qui n'est plus court-circuité. Les séries de fermeture percutanée chez le sujet âgé le montrent bien : le diamètre télédiastolique du ventricule droit diminue dès le troisième mois, tandis que celui du ventricule gauche augmente — il récupère le volume qui lui manquait. S'y ajoute la réduction d'une insuffisance tricuspide fonctionnelle.

10.4. Le piège de la fermeture chez le sujet âgé

⚠️ Le ventricule gauche qui a désappris à se remplir Chez un patient âgé, la CIA a déchargé l'oreillette gauche pendant des décennies. Supprimer brutalement le shunt rend d'un coup au ventricule gauche un volume qu'il ne recevait plus, alors qu'il est peu compliant — hypertrophié, hypertendu, souvent coronarien. D'où un risque d'œdème pulmonaire aigu. Trois précautions : évaluer la fonction systolo-diastolique gauche avant le geste ; discuter une occlusion test au ballon dans les cas limites ; adapter le diurétique. Chez les plus à risque, certaines équipes posent un dispositif fenêtré, qui laisse un shunt résiduel volontaire.

11. Arythmies tardives, grossesse et suivi — pour aller plus loin

11.1. Risque rythmique et embolique

C'est la complication qui domine le devenir des CIA fermées tardivement, et elle obéit à une règle simple : le remodelage auriculaire est peu ou pas réversible.

  • Correction avant 25 ans : arythmies rares.
  • Fermeture chirurgicale au-delà de 40 ans : environ 10 % de fibrillation atriale dans les six mois.
  • Fermeture chirurgicale avant 40 ans : le trouble typique n'est pas la fibrillation mais la tachycardie par réentrée intra-atriale ou le flutter cicatriciel lié à l'atriotomie ; ablation par radiofréquence souvent efficace.
  • CIA non réparée, ou réparée après 40 ans : le trouble typique est la fibrillation auriculaire. La fermeture après 40 ans ne semble pas modifier la prévalence de ces arythmies.
  • La voie percutanée a un avantage propre : sans atriotomie, pas de flutter cicatriciel.

Toute fermeture tardive impose donc une surveillance rythmique régulière : interrogatoire, ECG, Holter au moindre symptôme.

Un mot des embolies, enfin : deux mécanismes coexistent et ne se confondent pas. L'embolie paradoxale suppose une inversion transitoire du shunt, favorisée par un anévrysme septal ou une manœuvre de Valsalva : elle peut survenir même sur une petite CIA. L'embolie cardiaque sur fibrillation atriale est le mécanisme dominant des accidents vasculaires cérébraux tardifs. La distinction commande le traitement : la fermeture protège de la première, l'anticoagulation de la seconde.

🛡️ Sécurité — la conséquence pratique de tous les jours Ce qui vaut pour un thrombus vaut pour une bulle d'air. Chez tout patient porteur d'une communication interauriculaire non fermée, une bulle injectée dans une veine peut gagner la circulation systémique à la faveur d'une inversion transitoire du shunt et donner un accident vasculaire cérébral ou un infarctus du myocarde. Toute voie veineuse doit donc être rigoureusement purgée, munie autant que possible d'un filtre à air, et toute injection intraveineuse faite sans bulle. La règle vaut pour les gestes réputés les plus anodins — poser une perfusion, injecter un produit de contraste, faire un robinet à trois voies — et elle vaut aussi pendant le travail et le post-partum. C'est la seule mesure quotidienne que l'étudiant puisse appliquer lui-même, et elle est de sa responsabilité.

11.2. Grossesse

Une CIA non fermée sans hypertension pulmonaire est en règle bien tolérée : risque maternel modérément augmenté, catégorie II de la classification modifiée de l'Organisation mondiale de la santé retenue par l'ESC. L'augmentation physiologique du volume plasmatique majore cependant le shunt. Le risque spécifique est l'embolie paradoxale, favorisée par l'hypercoagulabilité de la grossesse et du post-partum — d'où mobilisation précoce, contention et, si le risque est élevé, thromboprophylaxie — et, au bloc comme en salle de naissance, la même règle de purge des voies veineuses et de filtre à air rappelée ci-dessus. À l'opposé, une CIA avec hypertension pulmonaire sévère ou syndrome d'Eisenmenger contre-indique la grossesse : catégorie IV, mortalité maternelle très élevée ; c'est l'un des rares cas où l'interruption médicale de grossesse doit être proposée. La conduite idéale est de fermer avant la grossesse ; si nécessaire, une fermeture percutanée peut être réalisée au deuxième trimestre, sous guidage échographique.

11.3. Suivi, endocardite et activité physique

  • Après fermeture : consultation et échocardiographie à 1 mois, 6 mois et 12 mois, puis annuelles — shunt résiduel, stabilité de la prothèse, régression de la dilatation droite, épanchement, trouble du rythme.
  • Endocardite : risque exceptionnel sur une CIA isolée non opérée, pas de prophylaxie. Après toute fermeture utilisant du matériel prothétique — prothèse percutanée ou patch chirurgical, ce qui inclut donc l'ostium primum, le sinus venosus et le sinus coronaire, opérés par patch —, prophylaxie pendant les 6 premiers mois, le temps de l'endothélialisation ; au-delà, le risque redevient exceptionnel. Une suture directe sans matériel n'en relève pas.
  • Activité physique : aucune restriction 3 à 6 mois après le geste si la CIA est fermée, sans hypertension pulmonaire, arythmie ni dysfonction ventriculaire.
  • Patients non opérés : surveillance annuelle et dépistage de l'arythmie — la décision de ne pas fermer n'est jamais définitive.

12. Points clés à retenir

⭐ Points clés à retenir
  • Une CIA est une perte de substance du septum ; le foramen ovale perméable n'en est pas une : shunt potentiel droite-gauche, aucune surcharge droite, maladie = embolie paradoxale.
  • Le shunt est pré-tricuspide et volumétrique : il dilate les cavités droites sans élever la pression pulmonaire pendant des décennies. C'est la cardiopathie congénitale la plus fréquente de l'adulte (≈ 30 %).
  • Le souffle n'est pas celui du shunt : rétrécissement pulmonaire relatif par hyperdébit. Signe cardinal : dédoublement large et fixe de B2 ; le roulement tricuspide signe un shunt important.
  • Chez l'adulte, ces signes deviennent inconstants : une auscultation normale n'élimine pas une CIA.
  • Quatre types : ostium secundum (~70 %), ostium primum (~10-15 %, canal atrio-ventriculaire et fente mitrale), sinus venosus (~10 %, retour veineux anormal), sinus coronaire (< 1 %). Seul l'ostium secundum relève du percutané.
  • ECG : déviation axiale droite et rsR' en V1. Une déviation axiale gauche évoque un ostium primum, un PR long une forme familiale.
  • On ferme un retentissement, pas un trou : surcharge droite, Qp/Qs > 1,5, absence d'hypertension pulmonaire fixée. Une CIA sans surcharge droite doit être respectée.
  • Chez l'enfant : fermeture à 3-5 ans, poids ≈ 15 kg. Berges ≥ 5 mm sauf la rétro-aortique ; absence de berge cave inférieure = contre-indication.
  • Le syndrome d'Eisenmenger contre-indique formellement la fermeture : le défect est devenu la soupape d'un ventricule droit dépassé. Chez la femme, il contre-indique aussi formellement la grossesse — mortalité maternelle très élevée, interruption médicale de grossesse à proposer.
  • Après toute fermeture avec matériel prothétique — prothèse percutanée ou patch chirurgical — : antiagrégant et prophylaxie de l'endocardite pendant 6 mois. Aspirine 3 à 5 mg/kg/j chez l'enfant, sans dépasser 75 à 100 mg/j.
  • Chez tout porteur d'une CIA non fermée, toute voie veineuse doit être purgée et l'injection faite sans bulle : une bulle qui passe à gauche fait un accident vasculaire cérébral.
  • Fermeture avant 20 ans = espérance de vie normale. Après 40 ans, pas de gain de survie démontré mais bénéfice net sur la morbidité ; l'arythmie installée ne régresse pas.

13. Pièges fréquents

⚠️ Pièges fréquents
  • Confondre foramen ovale perméable et CIA. Le FOP n'a pas de perte de substance, ne surcharge pas le cœur droit, et ne se ferme qu'après un accident embolique.
  • Croire que le souffle est celui du shunt. Le gradient interauriculaire est de quelques millimètres de mercure : le passage est silencieux. Un souffle intense et frémissant doit faire chercher autre chose, par exemple un rétrécissement pulmonaire associé.
  • Éliminer une CIA sur une auscultation normale chez l'adulte. Souffle et dédoublement fixe y sont inconstants.
  • Confondre ostium primum et ostium secundum. Poser un dispositif percutané sur un ostium primum, c'est accrocher une prothèse là où il n'y a pas de berge, et léser les valves auriculo-ventriculaires.
  • Ne pas chercher la fente mitrale devant un ostium primum, ni le retour veineux pulmonaire anormal devant une CIA sinus venosus — ou devant toute dilatation droite disproportionnée au défect visible.
  • Décider de fermer sur la taille du défect. Ce sont la surcharge droite, le Qp/Qs et l'état du lit pulmonaire qui décident ; fermer sans surcharge droite expose au risque de la procédure sans bénéfice.
  • Porter le diagnostic en coupe apicale sans Doppler couleur. Le faisceau y est parallèle au septum : la « perte d'écho » est un faux positif classique. La coupe de référence est sous-costale.
  • Croire une pression pulmonaire estimée en écho chez un gros shunt — et se tromper de pression. L'hyperdébit crée un gradient transvalvulaire pulmonaire qui majore l'estimation ; et l'échographie estime la pression systolique, non la moyenne. Au-delà de 40-45 mmHg de PAP systolique, ou devant tout autre signe non invasif d'hypertension pulmonaire : cathétérisme.
  • Croire qu'un patch chirurgical dispense de la prophylaxie de l'endocardite. Elle est due pendant six mois après toute fermeture utilisant du matériel prothétique, percutanée comme chirurgicale — donc après un canal atrio-ventriculaire partiel opéré, comme après une prothèse.
  • Prescrire à un enfant la dose d'aspirine de l'adulte. La dose antiagrégante pédiatrique est de 3 à 5 mg/kg/j, plafonnée à 75-100 mg/j ; et l'aspirine s'interrompt en cas de varicelle ou de syndrome grippal fébrile (syndrome de Reye).
  • Fermer une CIA à shunt inversé. Devant une cyanose, une désaturation à l'effort ou des résistances non réversibles, la fermeture est contre-indiquée : elle supprime la soupape du ventricule droit.
  • Promettre qu'une fermeture guérira une fibrillation atriale à cinquante ans. Le remodelage auriculaire n'est pas réversible, l'anticoagulation reste nécessaire — et il reste un risque d'œdème pulmonaire par restitution brutale du volume à un ventricule gauche peu compliant.

Sources

  1. MESSAOUDI Y. Communications interauriculaires. Diaporama du Mastère de cardiopathie congénitale et pédiatrique, Faculté de Médecine de Sousse ; 2019-2020. document interne, non publié
  2. MESSAOUDI Y. Communications interauriculaires vieillies. Diaporama du Mastère de cardiopathie congénitale et pédiatrique, Faculté de Médecine de Sousse. document interne, non publié
  3. Baumgartner H, De Backer J, Babu-Narayan SV, et al. 2020 ESC Guidelines for the management of adult congenital heart disease. Eur Heart J. 2021;42(6):563-645. doi:10.1093/eurheartj/ehaa554
  4. Stout KK, Daniels CJ, Aboulhosn JA, et al. 2018 AHA/ACC Guideline for the Management of Adults With Congenital Heart Disease: A Report of the American College of Cardiology/American Heart Association Task Force on Clinical Practice Guidelines. Circulation. 2019;139(14):e698-e800. doi:10.1161/CIR.0000000000000603
  5. Regitz-Zagrosek V, Roos-Hesselink JW, Bauersachs J, et al. 2018 ESC Guidelines for the management of cardiovascular diseases during pregnancy. Eur Heart J. 2018;39(34):3165-241. doi:10.1093/eurheartj/ehy340
  6. Silvestry FE, Cohen MS, Armsby LB, et al. Guidelines for the Echocardiographic Assessment of Atrial Septal Defect and Patent Foramen Ovale: From the American Society of Echocardiography and Society for Cardiac Angiography and Interventions. J Am Soc Echocardiogr. 2015;28(8):910-58. doi:10.1016/j.echo.2015.05.015
  7. Humenberger M, Rosenhek R, Gabriel H, Rader F, Heger M, Klaar U, et al. Benefit of atrial septal defect closure in adults: impact of age. Eur Heart J. 2011;32(5):553-60. doi:10.1093/eurheartj/ehq352 doi:10.1093/eurheartj/ehq352
  8. Attie F, Rosas M, Granados N, Zabal C, Buendía A, Calderón J. Surgical treatment for secundum atrial septal defects in patients >40 years old: a randomized clinical trial. J Am Coll Cardiol. 2001;38(7):2035-42. doi:10.1016/S0735-1097(01)01635-7 doi:10.1016/S0735-1097(01)01635-7
  9. Murphy JG, Gersh BJ, McGoon MD, Mair DD, Porter CJ, Ilstrup DM, et al. Long-term outcome after surgical repair of isolated atrial septal defect. Follow-up at 27 to 32 years. N Engl J Med. 1990;323(24):1645-50. doi:10.1056/NEJM199012133232401 doi:10.1056/NEJM199012133232401
  10. Gatzoulis MA, Freeman MA, Siu SC, Webb GD, Harris L. Atrial arrhythmia after surgical closure of atrial septal defects in adults. N Engl J Med. 1999;340(11):839-46. doi:10.1056/NEJM199903183401103

Cours de la Pr Ag Yosra Messaoudi, Faculté de Médecine de Sousse.

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