- Définir le canal atrio-ventriculaire partiel par la jonction auriculo-ventriculaire commune, les deux orifices valvulaires, l'absence de communication interventriculaire et la communication interauriculaire de type ostium primum
- Expliquer pourquoi la communication basse et la fente de la valve auriculo-ventriculaire gauche procèdent d'un défaut embryologique unique, celui de l'épine vestibulaire et des bourrelets endocardiques
- Distinguer les formes partielle, intermédiaire et complète du spectre à partir des deux caractères indépendants qui les gouvernent : la soudure des deux feuillets pontants entre eux, qui décide du nombre d'orifices, et leur attache sur la crête du septum d'admission, qui décide de l'existence et de la taille du shunt ventriculaire
- Décrire l'anatomie de la valve auriculo-ventriculaire commune — un anneau, cinq feuillets, une valve gauche trifoliée — et situer la fente comme zone d'apposition entre les deux feuillets pontants
- Énoncer les deux erreurs à ne jamais commettre : proposer une fermeture percutanée, et fermer le défect sans réparer la fente
- Interpréter l'électrocardiogramme d'un canal atrio-ventriculaire, expliquer la déviation axiale gauche par le déplacement postéro-inférieur du tissu de conduction, et en faire un réflexe de dépistage devant toute communication interauriculaire supposée
- Reconnaître le signe échographique qui affirme le diagnostic — la perte du décalage entre les insertions mitrale et tricuspide — et énumérer les six questions auxquelles le compte rendu doit répondre
- Situer l'association à la trisomie 21 dans les deux sens de lecture, et justifier l'échocardiographie systématique du nouveau-né trisomique ainsi que l'avancement de la date opératoire chez lui
- Poser l'indication et le moment de la réparation chirurgicale, connaître la seule contre-indication absolue à la fermeture — la maladie vasculaire pulmonaire fixée —, et décrire les trois temps indissociables de l'intervention ainsi que le piège du tissu de conduction déplacé
- Énumérer les complications tardives — fuite résiduelle de la valve auriculo-ventriculaire gauche, sténose valvulaire, obstruction sous-aortique, bloc auriculo-ventriculaire, arythmies — et organiser un suivi à vie
1. Une communication interauriculaire — et pourtant, une autre maladie
1.1. Définition
Le canal atrio-ventriculaire désigne un groupe de malformations qui partagent le même défaut de fond : la jonction auriculo-ventriculaire est restée commune. Le cœur normal possède deux anneaux distincts, mitral et tricuspide, décalés l'un par rapport à l'autre et séparés par un court segment de cloison, le septum atrio-ventriculaire. Le cœur porteur d'un canal n'a plus qu'un seul anneau, et ce segment a disparu. Ce n'est pas « un trou de plus » : c'est une architecture différente.
La forme partielle est celle où ce défaut s'exprime au minimum. Quatre caractères la définissent, et il faut les tenir ensemble.
- Une jonction auriculo-ventriculaire commune : un seul anneau pour les deux ventricules.
- Deux orifices valvulaires distincts, parce que les deux feuillets pontants — l'un supérieur, l'autre inférieur — sont soudés l'un à l'autre au milieu de l'anneau.
- Aucune communication interventriculaire, parce que ces mêmes feuillets sont fixés sur toute leur longueur à la crête du septum d'admission.
- Une communication interauriculaire de type ostium primum : basse, en continuité immédiate avec les valves auriculo-ventriculaires.
Et un cinquième caractère, qui n'est pas une option : la ligne de soudure des deux feuillets pontants n'a ni la solidité ni la géométrie d'un feuillet mitral normal. C'est la fente de la valve auriculo-ventriculaire gauche, source d'une fuite qui commande à elle seule le pronostic.
1.2. Les deux erreurs à ne pas faire
1.3. Épidémiologie
Les cardiopathies congénitales concernent environ 1 % des naissances vivantes. Le canal atrio-ventriculaire en représente 4 à 7 %, la forme partielle comptant pour environ un tiers de ce groupe ; vue de l'autre côté, la communication interauriculaire de type ostium primum représente environ 15 % des communications interauriculaires (15 à 20 % selon les séries). Pour tout ce qui est commun au shunt auriculaire, voir le cours 68 de cette discipline, Communication interauriculaire. La malformation est le plus souvent isolée, mais s'inscrit volontiers dans un syndrome génétique, la trisomie 21 au premier rang (section 6).
2. Embryologie : un seul défaut, deux lésions
2.1. La septation normale, en trois séquences
Trois processus se déroulent dans la même région, à partir du même matériel.
- La formation des valves auriculo-ventriculaires. Les bourrelets endocardiques supérieur et inférieur convergent au centre du canal commun, fusionnent et divisent l'orifice unique en deux orifices séparés. Les feuillets se détachent ensuite du myocarde par délamination — sauf le feuillet antérieur de la mitrale, qui dérive directement des bourrelets.
- La formation du septum vestibulaire, c'est-à-dire la fermeture de l'ostium primum. Le septum primum descend du toit de l'oreillette ; l'épine vestibulaire, protrusion mésenchymateuse issue du plancher auriculaire, pousse à sa rencontre ; les bourrelets fusionnés scellent le tout. Cette zone se muscularise ensuite et devient le septum atrio-ventriculaire, qui sépare l'oreillette droite du ventricule gauche et explique le décalage normal entre les insertions mitrale et tricuspide.
- La formation du septum d'admission, par expansion puis muscularisation de la portion inférieure des bourrelets.
2.2. Le défaut, et ce qu'il produit
Deux événements s'associent : un défaut de développement de l'épine vestibulaire et une évolution déficitaire des bourrelets endocardiques. Quatre conséquences en découlent : l'ostium primum ne se ferme pas, c'est la communication basse ; la jonction auriculo-ventriculaire reste commune, un seul anneau ; le septum atrio-ventriculaire est absent, si bien que les deux valves s'insèrent au même niveau — le signe qui affirme le diagnostic (section 7.1) ; le septum d'admission est creusé « en cuvette », lit potentiel d'une communication interventriculaire.
2.3. Les trois formes du spectre
| Canal partiel | Canal intermédiaire | Canal complet | |
|---|---|---|---|
| Attache des feuillets pontants | Complète | Partielle | Absente |
| Orifices valvulaires | Deux | Deux | Un seul, commun |
| Shunt ventriculaire | Aucun | Restrictif | Large |
| Nourrisson | Silencieux ; dépend de la fuite | Intermédiaire | Insuffisance cardiaque précoce |
| Trisomie 21 | Minoritaire | Fréquente | Environ trois quarts |
| Âge de la cure | 1 à 3 ans | Selon la CIV | 3 à 6 mois |
Retenez la logique plutôt que les cases : plus les feuillets sont attachés, plus la maladie est bénigne et tardive. La forme partielle se comporte comme une communication interauriculaire compliquée d'une fuite mitrale ; la forme complète, comme une communication interventriculaire large.
3. Physiopathologie : deux surcharges qui s'additionnent
Premier mécanisme : le shunt auriculaire gauche-droite. Il obéit aux règles de la communication interauriculaire — shunt volumétrique et pré-tricuspide, gouverné par la compliance relative des deux ventricules bien plus que par la taille du défect. Il dilate l'oreillette droite, le ventricule droit et le lit pulmonaire sans élever la pression pulmonaire pendant longtemps (cours 68 de cette discipline).
Second mécanisme : la fuite de la valve auriculo-ventriculaire gauche. Elle ajoute une surcharge volumétrique gauche, et possède une particularité remarquable : le défect étant situé immédiatement au-dessus des valves, une partie du volume régurgité passe directement du ventricule gauche dans l'oreillette droite. C'est le shunt ventriculo-atrial gauche-droit, propre au canal. Conséquence pratique : l'oreillette gauche peut rester peu dilatée malgré une fuite importante — ne vous rassurez pas sur sa taille.
4. Reconnaître : clinique, électrocardiogramme, radiographie
4.1. Circonstances de découverte
La tolérance fonctionnelle est en règle excellente, ce qui explique la découverte tardive. Trois scénarios : un souffle à un examen systématique, après deux ans le plus souvent — les fuites minimes ; une dyspnée d'effort et des infections pulmonaires à répétition dès les premiers mois — les fuites importantes ; un dépistage devant une trisomie 21, parfois avant tout signe clinique (section 6). Le diagnostic anténatal est possible sur la coupe des quatre cavités, incidence de dépistage obligatoire — mais la forme partielle, à défect petit et deux orifices, s'y reconnaît moins bien que la forme complète.
4.2. L'auscultation : le souffle de la communication, plus celui de la fuite
| Signe | Caractères | Mécanisme et valeur |
|---|---|---|
| Souffle systolique éjectionnel | Modéré, au 2e espace intercostal gauche | Rétrécissement pulmonaire relatif : ce n'est pas le bruit du shunt |
| Dédoublement large et fixe de B2 | Au foyer pulmonaire | Large parce que la fermeture des sigmoïdes pulmonaires est retardée par la surcharge droite ; fixe parce que la communication interauriculaire abolit la variation respiratoire du remplissage droit — c'est ce caractère fixe qui signe le shunt auriculaire |
| Roulement diastolique tricuspide | À l'appendice xiphoïde, discret | Rétrécissement tricuspide relatif : signe un shunt important |
| Souffle holosystolique de pointe | Doux, à l'apex, irradiant vers l'aisselle | Fuite de la valve auriculo-ventriculaire gauche — le signe qui distingue le canal partiel d'une communication interauriculaire ordinaire |
La règle tient en une phrase : un souffle de fuite mitrale chez un enfant par ailleurs auscultatoirement « en communication interauriculaire » doit faire évoquer un canal partiel. Mais il est souvent doux, parfois absent : ne comptez pas sur lui seul.
4.3. L'électrocardiogramme : le signe qui fait le diagnostic
C'est ici que se joue l'essentiel de ce cours. L'électrocardiogramme d'un canal atrio-ventriculaire, quelle qu'en soit la forme, associe quatre anomalies :
- une déviation axiale gauche du QRS, souvent franchement supérieure, quasi constante — QRS négatifs en D2, D3 et aVF ;
- un retard droit, aspect rsR' en V1, d'autant plus fréquent que l'enfant est jeune ;
- un allongement de PR, bloc du premier degré, dans environ la moitié des cas ;
- une hypertrophie auriculaire droite, et une hypertrophie ventriculaire gauche si la fuite est significative.
La déviation axiale gauche n'est pas un détail : elle est le reflet électrique de l'anatomie. Le défaut septal déplace le tissu de conduction. Le nœud auriculo-ventriculaire est refoulé en arrière et en bas, vers l'abouchement du sinus coronaire ; la division antérieure de la branche gauche est courte et mal développée. La dépolarisation du ventricule gauche commence donc par sa région postéro-inférieure, la boucle frontale s'inscrit en sens antihoraire, et l'axe part vers le haut et la gauche.

4.4. La radiographie de thorax
Ce n'est plus un examen diagnostique, mais elle alerte souvent parce qu'elle est faite pour autre chose : cardiomégalie, hypervascularisation pulmonaire jusqu'aux périphéries, saillie de l'arc moyen gauche. Si la fuite est importante, s'y ajoute une dilatation de l'oreillette gauche.

5. La valve auriculo-ventriculaire gauche : un anneau, cinq feuillets, une fente
5.1. La valve commune et ses cinq feuillets
Il faut renoncer ici au vocabulaire habituel. Dans un canal atrio-ventriculaire, il n'y a pas de « valve mitrale » et de « valve tricuspide » : il y a une valve auriculo-ventriculaire commune, un seul anneau, portant classiquement cinq feuillets — un feuillet pontant supérieur et un feuillet pontant inférieur, qui enjambent la crête du septum interventriculaire et appartiennent aux deux ventricules ; un feuillet mural gauche ; et deux feuillets droits. La valve gauche est donc faite de trois éléments — la portion gauche de chacun des deux feuillets pontants, et le feuillet mural : elle est trifoliée là où une valve mitrale normale est bifoliée. Selon que les feuillets pontants fusionnent ou non entre eux, l'anneau commun ménage deux orifices — canal partiel — ou un seul — canal complet.

5.2. La fente : ce qu'elle est, et ce qu'elle n'est pas
Le mot « fente » est trompeur : il évoque une déchirure. Il s'agit en réalité de la zone d'apposition entre les deux feuillets pontants, là où ils se rejoignent au milieu de la valve gauche — cette ligne existe parce que ce feuillet, unique dans un cœur normal, est ici fait de deux pièces distinctes.
5.3. Pourquoi elle fuit, et le dilemme qu'elle pose
Quatre raisons se cumulent : la zone d'apposition n'a pas la continuité d'un feuillet ; les cordages y sont attirés vers la crête septale, ce qui restreint le bord libre ; les deux piliers du ventricule gauche sont anormalement rapprochés et pivotés ; et l'anneau est souvent dilaté. En systole, les bords s'écartent au lieu de s'affronter.
De là un dilemme chirurgical sans solution parfaite. Fermer la fente réduit la fuite — mais chaque point rétrécit l'orifice, et une valve trop fermée devient sténosante. Fermer trop, c'est fabriquer un rétrécissement ; fermer trop peu, c'est laisser la fuite. C'est pourquoi la fuite résiduelle est la première cause de réintervention (section 12.1).
6. Le terrain : trisomie 21 et autres associations
6.1. La trisomie 21
L'association est l'une des plus fortes de toute la cardiologie congénitale, et il faut savoir la lire dans les deux sens : les deux chiffres ne disent pas la même chose.
- De la trisomie vers le cœur. Près de la moitié des enfants trisomiques ont une cardiopathie congénitale, et la plus fréquente est le canal atrio-ventriculaire : environ un enfant trisomique sur cinq en est porteur.
- Du canal vers la trisomie. L'association est massive pour la forme complète, dont environ trois quarts s'observent chez un enfant trisomique. Elle est bien plus faible pour la forme partielle, qui survient le plus souvent chez un enfant sans anomalie chromosomique.
Chez l'enfant trisomique, la maladie vasculaire pulmonaire s'installe plus tôt et plus vite : nombre d'alvéoles réduit, hypoplasie pulmonaire relative, obstruction chronique des voies aériennes supérieures et apnées du sommeil, hypoventilation. Un lit pulmonaire qu'on croyait avoir le temps de protéger peut se fixer avant deux ans. Conséquence opératoire : chez ces enfants, on n'attend pas.
6.2. Les autres syndromes et les lésions associées
Syndrome d'Ellis-van Creveld : association classique à un canal atrio-ventriculaire et à une oreillette commune. Syndromes d'hétérotaxie : canal souvent complet et déséquilibré. Syndromes de Noonan, de Pallister-Hall, anomalies gonosomiques : plus rares. Parmi les lésions cardiaques à rechercher systématiquement : canal artériel persistant, communication interventriculaire musculaire surnuméraire, veine cave supérieure gauche drainée dans le sinus coronaire, sténose sous-aortique, tétralogie de Fallot (formes complètes de type C).
7. L'échocardiographie : ce que le compte rendu doit dire
7.1. Le signe qui affirme le diagnostic : la perte du décalage
Le signe est simple, visible en coupe apicale des quatre cavités, et ne demande aucun Doppler. Dans un cœur normal, l'insertion du feuillet septal de la tricuspide est plus apicale que celle de la grande valve mitrale : c'est le décalage (offset), matérialisation du septum atrio-ventriculaire. Dans un canal, ce segment n'existe pas : les deux valves s'insèrent au même niveau. Perte du décalage = canal atrio-ventriculaire, jusqu'à preuve du contraire — le signe le plus fiable de la maladie, vrai dans toutes les formes du spectre.
7.2. Les six questions auxquelles il faut répondre
- Quel type de canal ? Un ou deux orifices ; existe-t-il un shunt ventriculaire sous les feuillets ? Le doute entre forme partielle et intermédiaire se tranche au Doppler couleur.
- Quel équilibre ventriculaire ? Les deux ventricules sont-ils de taille comparable — condition d'une réparation biventriculaire ? Le déséquilibre est rare dans la forme partielle.
- Quelle est la valve auriculo-ventriculaire gauche ? Aspect trifolié, direction de la fente, nombre et position des piliers, degré de la fuite, direction du jet.
- Quelle est la voie d'éjection gauche ? Recherche d'une sténose sous-aortique, actuelle ou en germe (section 9.2).
- Quelles pressions pulmonaires ? Estimées sur le flux d'insuffisance tricuspide — voir le cours 18 de la discipline Échocardiographie, La mesure des pressions droites.
- Quelles malformations associées ? Canal artériel, communication interventriculaire surnuméraire, veine cave supérieure gauche.

8. Traiter : le principe, le moment, ce qu'on peut en attendre
8.1. Qui opérer, et quand
Le principe est celui de toute communication interauriculaire — on opère un retentissement — auquel s'ajoute une indication propre, celle de la fuite. On propose donc la chirurgie devant une surcharge volumétrique des cavités droites et/ou une fuite significative de la valve gauche. En pratique, la quasi-totalité des canaux partiels sont opérés, l'un ou l'autre critère finissant par être rempli.
| Situation | Moment de la cure | Pourquoi |
|---|---|---|
| Canal partiel bien toléré | Entre 1 et 3 ans | Compromis entre la taille des structures à réparer et le risque d'attendre |
| Fuite importante, insuffisance cardiaque, stagnation pondérale | Sans attendre | C'est la fuite qui fait le tableau, et elle ne régresse pas seule |
| Trisomie 21 | Plus tôt | Maladie vasculaire pulmonaire précoce : un retard coûte l'opérabilité |
| Canal complet | 3 à 6 mois | Insuffisance cardiaque et hypertension pulmonaire d'emblée |
| Découverte tardive chez l'adulte | Dès le diagnostic si retentissement — sauf résistances pulmonaires fixées | Au-delà de 5 unités Wood malgré traitement, ou en cas de désaturation à l'effort : fermeture contre-indiquée |
8.2. Le principe de l'intervention
Chirurgie à cœur ouvert sous circulation extracorporelle, par sternotomie et atriotomie droite. Trois temps indissociables : réparation de la valve gauche par fermeture de la fente, complétée si besoin d'une annuloplastie ; fermeture de la communication par un patch de péricarde autologue ; protection du tissu de conduction, la suture étant déviée pour éviter le nœud auriculo-ventriculaire déplacé (section 11.2). Aucune fermeture percutanée n'est possible.
8.3. Ce qu'on peut attendre — et ce qu'on ne peut pas
Les résultats immédiats sont bons : la mortalité opératoire d'un canal partiel réparé de façon élective est aujourd'hui faible, de l'ordre de quelques pour cent au plus, et la survie à long terme est proche de celle de la population générale. Ce qu'on ne peut pas promettre doit être dit aux parents dès la première consultation : la valve reste anormale. La réparation la corrige, elle ne la refait pas. D'où un suivi cardiologique à vie et une réintervention possible — le plus souvent sur la valve gauche, parfois sur la voie d'éjection (sections 12.1 et 12.2).
9. Anatomie fine : piliers, wedging aortique et tissu de conduction — pour aller plus loin
9.1. Les piliers commandent l'équilibre de la valve
Les deux muscles papillaires du ventricule gauche sont ici pivotés dans le sens antihoraire et anormalement rapprochés. Cette position détermine la circonférence dévolue au feuillet mural, donc l'équilibre entre les trois composants de la valve gauche : plus les piliers sont proches, plus le feuillet mural est petit, plus la valve dépend des feuillets pontants — et plus la fermeture de la fente risque de créer une sténose. Deux variantes doivent être signalées avant l'intervention : le pilier unique ou valve en parachute, où fermer la fente sans créer de rétrécissement est souvent impossible ; et le double orifice de la valve gauche, devant lequel deux gestes opposés sont également fautifs. Le prendre pour la fente et l'obturer : l'orifice accessoire possède son propre appareil sous-valvulaire, et le fermer ampute la surface valvulaire — on crée une sténose, parfois serrée. Ou vouloir n'en faire qu'un seul en divisant le pont de tissu qui sépare les deux orifices : cette division prive le segment ainsi libéré de ses cordages — on crée une fuite majeure. Deux pièges distincts, deux conséquences opposées.
9.2. Le défaut de wedging de l'aorte, et le « col de cygne »
Dans un cœur normal, la valve aortique est encastrée entre la mitrale et la tricuspide — c'est le wedging. L'absence de septum atrio-ventriculaire supprime cet encastrement : l'aorte est refoulée en avant et en haut, d'où une disproportion entre voie d'entrée et voie de sortie du ventricule gauche — bascule postérieure de l'anneau, raccourcissement de l'inlet, allongement et rétrécissement de l'outlet, et un rapport inlet/outlet inférieur à 1 là où il est voisin de 1 normalement.
C'est cet allongement de la chambre de chasse qui donne, sur l'angiographie du ventricule gauche de face (incidence antéro-postérieure), en diastole, l'image du « col de cygne » (goose-neck deformity) — de profil, la déformation n'est pas identifiable —, et qui explique le risque de sténose sous-aortique, majoré par les insertions cordales anormales du feuillet pontant supérieur. Ce risque persiste après la réparation : c'est une raison de surveiller la voie d'éjection à vie.
9.3. Le tissu de conduction : pourquoi il est en danger
L'absence de septum atrio-ventriculaire déplace tout l'appareil de conduction. Le triangle de Koch est déformé et le nœud auriculo-ventriculaire refoulé en position postéro-inférieure, dans un « triangle nodal » entre l'ostium du sinus coronaire et la crête du septum d'admission ; le faisceau de His chemine ensuite le long de cette crête. D'où la déviation axiale gauche (section 4.3) et le risque de bloc complet si la suture du patch passe là (section 11.2).
Un mot enfin de la classification de Rastelli, qui ne concerne pas la forme partielle mais situe le spectre. Fondée sur le feuillet pontant supérieur de la forme complète : type A, feuillet divisé et attaché à la crête septale — le plus fréquent, typique de la trisomie 21 ; type B, divisé mais non attaché au septum, ses cordages allant sur un pilier anormal du ventricule droit ; type C, non divisé et non attaché, flottant librement — formes complexes, tétralogie de Fallot, hétérotaxies.
10. L'analyse échocardiographique complète — pour aller plus loin
10.1. Les coupes et ce qu'on y cherche
| Incidence | Ce qu'elle montre | Ce qu'on y décide |
|---|---|---|
| Apicale 4 cavités | Perte du décalage ; défect primum ; équilibre ventriculaire | Affirme le diagnostic et le type |
| Sous-costale | Le défect primum de face, la jonction auriculo-ventriculaire | Référence chez le petit enfant |
| Parasternale petit axe valvulaire | La valve gauche vue de face : trois feuillets, fente et direction | Confirme la fente, repère un double orifice |
| Parasternale grand axe | Chambre de chasse allongée, rapport inlet/outlet | Dépiste l'obstruction sous-aortique |
| Petit axe des piliers | Nombre, position et angle des muscles papillaires | Signale un pilier unique ou une valve en parachute |
| Doppler couleur | Shunt auriculaire bas ; jets de fuite ; shunt ventriculo-atrial | Quantifie ce qui échappe au 2D |
10.2. Quantifier la fuite de la valve auriculo-ventriculaire gauche
C'est l'exercice le plus difficile de l'examen, pour trois raisons propres au canal. Les jets sont souvent multiples — un jet de la fente, un ou plusieurs jets commissuraux : toute méthode supposant un jet unique et central est prise en défaut. Le jet de la fente est excentré et longe le septum : il s'aplatit contre la paroi et sa surface apparente sous-estime le volume régurgité, c'est l'effet Coandă. Enfin, une partie du volume régurgité s'échappe dans l'oreillette droite par le défect primum, si bien que la taille de l'oreillette gauche cesse d'être un bon témoin de la sévérité.
La conduite raisonnable est d'associer plusieurs approches — largeur à l'origine du jet, densité du signal continu, retentissement ventriculaire gauche, flux veineux pulmonaires — plutôt qu'une seule mesure. Méthodes détaillées dans le cours 17 de la discipline Échocardiographie.
10.3. Ce qu'il ne faut pas manquer avant l'intervention
Un double orifice de la valve gauche ou un pilier unique ; une sténose sous-aortique, même minime, car elle progresse ; une veine cave supérieure gauche drainée dans le sinus coronaire, qui modifie la canulation et la stratégie du patch ; une hypertension pulmonaire disproportionnée au shunt, qui doit faire chercher une maladie vasculaire déjà installée.
11. La chirurgie : technique, pièges opératoires et indications — pour aller plus loin
11.1. Les temps de l'intervention
Après sternotomie, canulation bicave et circulation extracorporelle, l'abord est une atriotomie droite : le chirurgien expose la valve gauche à travers le défect primum. Il l'analyse par un test d'étanchéité au sérum injecté dans le ventricule gauche, qui repère la ligne d'apposition et les jets. Il ferme la fente par points séparés, de l'anneau vers le centre, en s'arrêtant dès que l'orifice restant devient limite ; il y ajoute au besoin une annuloplastie par plicature commissurale, les anneaux prothétiques rigides étant évités chez l'enfant en croissance. Il pose ensuite le patch de péricarde autologue, suturé au ras de la base des feuillets. Contrôle final par échocardiographie transœsophagienne.
11.2. Le triangle de Koch déplacé : le piège du bloc complet
11.3. Fermer la fente : jusqu'où ?
La fermeture complète de la zone d'apposition est aujourd'hui la pratique de la plupart des équipes dans la forme partielle, les fuites résiduelles étant plus fréquentes après fermeture partielle. Mais elle est abandonnée en cours de geste si le test d'étanchéité montre un orifice devenu restrictif. Le compromis se juge valve en main, pas sur un protocole.
11.4. Ce que disent les recommandations
| Situation | Conduite | Niveau |
|---|---|---|
| Ostium primum avec surcharge volumétrique droite, sans hypertension pulmonaire fixée | Fermeture chirurgicale — jamais percutanée | Classe I |
| Fuite gauche significative, symptomatique ou retentissant sur le ventricule gauche | Réparation valvulaire dans le même temps | Classe I |
| Sténose sous-aortique significative, avant ou après réparation | Levée chirurgicale de l'obstacle | Classe I |
| Résistances pulmonaires entre 3 et 5 unités Wood, ou ≥ 5 mais réactives sous traitement | Centre expert, après cathétérisme et test de réversibilité | Classe IIa / IIb |
| Eisenmenger ; résistances pulmonaires ≥ 5 unités Wood malgré un traitement spécifique ; désaturation à l'effort | Fermeture contre-indiquée | Classe III |
12. Complications tardives et suivi au long cours — pour aller plus loin
12.1. La fuite résiduelle de la valve auriculo-ventriculaire gauche
C'est la complication de cette maladie et la première cause de réintervention : de l'ordre de 10 à 15 % des patients sont réopérés dans les vingt ans, l'immense majorité pour ce motif. Une fuite légère résiduelle est en revanche fréquente et bien tolérée : ce n'est pas elle qui conduit à une réintervention, mais son aggravation. Les facteurs de risque doivent être notés dans le dossier à la sortie : fuite préopératoire sévère, valve dysplasique, fente non ou incomplètement fermée, anomalie des piliers, anneau gauche petit, âge tardif à la cure. On refait une plastie chaque fois que possible ; le remplacement valvulaire est un échec relatif chez l'enfant — croissance et anticoagulation.
La sténose de cette même valve est la complication symétrique : moins fréquente, mais plus difficile à traiter. Elle procède d'une fermeture trop complète de la fente sur une valve dont la réserve d'ouverture était faible — piliers rapprochés, pilier unique, anneau petit — et se manifeste par une dyspnée d'effort et un gradient diastolique, souvent des années après le geste. Sa prévention est peropératoire : c'est le test d'étanchéité qui la décide, pas la surveillance.
12.2. L'obstruction sous-aortique
Elle survient chez environ 3 à 7 % des patients, parfois plusieurs années après la réparation. Son origine est anatomique et intrinsèque : la chambre de chasse gauche est nativement longue et étroite (section 9.2), et s'y ajoutent des insertions cordales anormales, un bourrelet fibro-musculaire ou une membrane. Elle est plus fréquente dans la forme partielle que dans la complète.
12.3. Le bloc auriculo-ventriculaire
Le bloc complet peropératoire est aujourd'hui rare — de l'ordre de 1 à 3 % des cures — mais définitif, et il impose un stimulateur cardiaque à vie chez un enfant. Un bloc peut aussi apparaître tardivement, des années après une opération sans incident : l'allongement progressif de PR sur les tracés successifs est un signal, et il justifie à lui seul de conserver les électrocardiogrammes anciens. Un bloc du premier degré préopératoire est fréquent et ne préjuge pas de l'évolution.
12.4. Arythmies, endocardite, grossesse, activité physique
- Arythmies auriculaires : favorisées par l'atriotomie, la dilatation atriale et la fuite persistante. Flutter cicatriciel et réentrées intra-atriales dominent chez l'opéré jeune, la fibrillation vient plus tard ; une dysfonction sinusale est possible. Voir le cours 35.
- Endocardite infectieuse : prophylaxie pendant les six mois qui suivent la pose du patch, comme après toute fermeture avec matériel prothétique ; puis à vie s'il persiste un shunt ou une fuite résiduelle au contact du matériel, et à vie après remplacement valvulaire prothétique. Ce n'est qu'en l'absence de tout défect résiduel que le risque redevient faible au-delà de six mois — or la fuite résiduelle légère est précisément fréquente dans cette maladie (section 12.1) : la règle des six mois ne s'applique donc pas à tout le monde. Voir le cours 34.
- Grossesse : bien tolérée après réparation complète sans fuite résiduelle ni hypertension pulmonaire ; sinon, évaluation en centre spécialisé avant la conception. Le conseil génétique est justifié, le risque de récurrence chez la descendance étant plus élevé qu'en population générale. L'activité physique est sans restriction après une réparation satisfaisante, en l'absence de fuite, de gradient sous-aortique, d'arythmie et d'hypertension pulmonaire.
| Échéance | Ce qu'on cherche |
|---|---|
| Sortie et 1 mois | Fuite et shunt résiduels, épanchement péricardique, rythme et conduction |
| 6 et 12 mois | Évolution de la fuite, régression de la dilatation droite, gradient sur la valve réparée |
| Puis annuel, à vie | Fuite gauche ; gradient sous-aortique ; PR et conduction ; arythmies ; pressions pulmonaires |
13. Points clés à retenir
- Ce n'est pas une variété de communication interauriculaire : c'est une jonction auriculo-ventriculaire commune — un seul anneau — avec deux orifices, une communication de type ostium primum, pas de communication interventriculaire, et une fente de la valve auriculo-ventriculaire gauche.
- Le trou et la fente viennent du même défaut embryologique — épine vestibulaire et bourrelets endocardiques. Il n'existe pas d'ostium primum sans anomalie valvulaire gauche.
- Ce qui sépare les trois formes n'est pas la taille du déficit, mais deux caractères indépendants des feuillets pontants : leur soudure entre eux, qui décide du nombre d'orifices, et leur attache sur la crête septale, qui décide du shunt ventriculaire. Partiel = soudés et attachés ; intermédiaire = soudés, mais attachés par de simples cordages, d'où une communication interventriculaire restrictive ; complet = ni soudés ni attachés.
- Deux erreurs à ne jamais faire : proposer une fermeture percutanée — il n'y a pas de berge inférieure —, et fermer le défect sans réparer la fente.
- Une seule contre-indication absolue à la fermeture : la maladie vasculaire pulmonaire fixée. Eisenmenger, résistances pulmonaires ≥ 5 unités Wood malgré traitement, désaturation à l'effort : on ne ferme pas — le défect est devenu la soupape du ventricule droit. Entre 3 et 5 unités Wood, centre expert après cathétérisme.
- Deux surcharges s'additionnent : le shunt auriculaire et la fuite gauche. C'est la fuite qui fait le tableau. Une partie du volume régurgité passe directement dans l'oreillette droite, qui peut donc rester petite.
- ECG : déviation axiale gauche quasi constante, avec retard droit et PR souvent long. Devant une communication interauriculaire supposée, des QRS négatifs en D2, D3 et aVF imposent de chercher la fente. Mécanisme : déplacement postéro-inférieur du tissu de conduction.
- Le signe qui affirme le diagnostic : la perte du décalage entre insertions mitrale et tricuspide, les deux valves s'insérant au même niveau en apicale des quatre cavités.
- Trisomie 21 : un enfant trisomique sur cinq a un canal ; trois quarts des canaux complets sont trisomiques, mais la forme partielle l'est bien moins. Tout nouveau-né trisomique doit avoir une échocardiographie, même sans souffle — et chez lui, la maladie vasculaire pulmonaire étant plus précoce, on opère plus tôt.
- La chirurgie fait trois gestes indissociables : fermer la fente, poser le patch, éviter le nœud auriculo-ventriculaire déplacé. Hors trisomie 21, la cure se fait entre 1 et 3 ans.
- Le dilemme de la fente est réel — fermer trop crée une sténose, fermer trop peu laisse la fuite. Un canal réparé ne sort jamais du suivi : fuite résiduelle (première cause de réintervention), sténose gauche, obstruction sous-aortique tardive, bloc tardif, arythmies. Prophylaxie de l'endocardite six mois après la pose du patch — mais à vie s'il persiste un shunt ou une fuite au contact du matériel.
14. Pièges fréquents
- Lire « communication interauriculaire » dans un compte rendu d'ostium primum et s'arrêter là. Le mot est exact et le diagnostic est faux : il manque la valve.
- Envisager une fermeture percutanée. Pas de berge inférieure, et le disque gauche s'appuierait sur la valve. Aucune exception.
- Ne pas regarder l'axe du QRS. C'est le seul signe qui, sur un examen de routine, redresse le diagnostic avant toute échographie. Un axe droit rassure faussement ; c'est l'axe gauche qui est l'anomalie.
- Croire qu'un axe gauche traduit une hypertrophie ventriculaire gauche. Il traduit une anomalie du tissu de conduction, pas une masse musculaire.
- Se rassurer sur une oreillette gauche de taille normale. Une partie du volume régurgité s'échappe directement dans l'oreillette droite par le défect bas.
- Confondre la fente du canal avec une fente mitrale isolée. Celle du canal pointe vers la cloison interventriculaire ; la fente isolée pointe vers la chambre de chasse, avec un décalage mitro-tricuspide normal.
- Prendre un double orifice de la valve gauche pour la fente et l'obturer : on crée une sténose sur une valve dont la surface était déjà juste — l'orifice accessoire a son propre appareil sous-valvulaire.
- Diviser le pont de tissu qui sépare les deux orifices pour n'en faire qu'un : on prive ce segment de ses cordages et on crée une fuite majeure. Deux gestes opposés, deux conséquences opposées — ne pas les confondre.
- Attendre chez l'enfant trisomique comme chez un autre — la maladie vasculaire pulmonaire s'y installe plus tôt — ou, à l'inverse, conclure qu'un enfant sans trisomie 21 n'a pas de canal : la forme partielle survient le plus souvent hors de toute anomalie chromosomique.
- Fermer complètement la fente sans test d'étanchéité sur une valve à piliers rapprochés : on remplace une fuite par un rétrécissement. Et faire passer la suture du patch dans le triangle nodal : le bloc qui en résulte est définitif.
- Arrêter la prophylaxie de l'endocardite à six mois alors qu'il persiste une fuite ou un shunt au contact du patch. Le délai de six mois ne vaut que pour une réparation complète sans défect résiduel ; sinon, la prophylaxie est à vie.
- Fermer le défect sur une maladie vasculaire pulmonaire déjà fixée. Devant une hypertension pulmonaire disproportionnée au shunt, une désaturation à l'effort ou des résistances ≥ 5 unités Wood malgré traitement, la fermeture est contre-indiquée : on retirerait au ventricule droit sa soupape.
- Sortir du suivi un patient opéré et asymptomatique. L'obstruction sous-aortique et le bloc auriculo-ventriculaire peuvent apparaître des années après une opération réussie.
Sources
- MESSAOUDI Y. Canal atrioventriculaire partiel. Diaporama du Mastère de cardiologie congénitale et pédiatrique, Faculté de Médecine de Sousse ; 4 avril 2019. document interne, non publié
- Baumgartner H, De Backer J, Babu-Narayan SV, et al. 2020 ESC Guidelines for the management of adult congenital heart disease. Eur Heart J. 2021;42(6):563-645. doi:10.1093/eurheartj/ehaa554
- Stout KK, Daniels CJ, Aboulhosn JA, et al. 2018 AHA/ACC Guideline for the Management of Adults With Congenital Heart Disease: A Report of the American College of Cardiology/American Heart Association Task Force on Clinical Practice Guidelines. Circulation. 2019;139(14):e698-e800. doi:10.1161/CIR.0000000000000603
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- Anderson RH, Ho SY, Falcao S, Daliento L, Rigby ML. The diagnostic features of atrioventricular septal defect with common atrioventricular junction. Cardiol Young. 1998;8(1):33-49. doi:10.1017/S1047951100004613
- Stulak JM, Burkhart HM, Dearani JA, Cetta F, Barnes RD, Connolly HM, Schaff HV. Reoperations after repair of partial atrioventricular septal defect: a 45-year single-center experience. Ann Thorac Surg. 2010;89(5):1352-9. doi:10.1016/j.athoracsur.2010.01.018
- Bergin ML, Warnes CA, Tajik AJ, Danielson GK. Partial atrioventricular canal defect: long-term follow-up after initial repair in patients > or = 40 years old. J Am Coll Cardiol. 1995;25(5):1189-94. doi:10.1016/0735-1097(94)00530-4
- Regitz-Zagrosek V, Roos-Hesselink JW, Bauersachs J, et al. 2018 ESC Guidelines for the management of cardiovascular diseases during pregnancy. Eur Heart J. 2018;39(34):3165-241. doi:10.1093/eurheartj/ehy340
Cours de la Pr Ag Yosra Messaoudi, Faculté de Médecine de Sousse.