- Définir l'angioplastie coronaire comme une rupture programmée de la plaque et relier chacune des trois forces qui annulent le résultat au moyen thérapeutique qui la contre
- Classer une lésion coronaire selon la classification ACC/AHA et justifier ce qui fait d'elle une lésion simple, de type A ou de type B à un seul critère
- Énoncer les conditions qui autorisent à poser l'indication d'une angioplastie dans le syndrome coronarien chronique, avec les seuils de FFR et d'iFR, et opposer ce raisonnement à celui du syndrome coronarien aigu
- Expliquer ce que les essais ORBITA et ISCHEMIA ont établi et formuler en termes justes ce que le patient peut attendre de son stent
- Prescrire la préparation antithrombotique et la néphroprotection d'une angioplastie programmée, avec les doses de charge et d'entretien, le moment d'administration de l'inhibiteur du P2Y12 selon le contexte, la posologie de l'héparine et la cible de temps de coagulation activé qui va avec chacune
- Nommer les sept éléments du matériel d'angioplastie, leur fonction et l'incident caractéristique que chacun produit lorsqu'il est négligé
- Choisir la voie d'abord et le cathéter guide en fonction du vaisseau cible et du niveau de support requis, et distinguer support passif et support actif
- Reconnaître sur la courbe de pression du cathéter guide une pression aplatie, une pression amortie et une ventricularisation, et énoncer la conduite immédiate devant chacune
- Choisir l'incidence de travail adaptée à chaque segment coronaire, expliquer le raccourcissement et énumérer les précautions qui rendent fiables la mesure de longueur et de diamètre de référence
- Sélectionner et préformer un guide coronaire, décrire les techniques de glissement et de boucle, et reconnaître les deux signes qui imposent d'arrêter la progression
- Décider entre stenting direct et prédilatation en s'appuyant sur les caractères de la lésion et sur les données des essais, et énoncer les critères d'arrêt de la postdilatation, avec et sans imagerie endocoronaire
- Énumérer les cinq critères EAPCI de déploiement optimal du stent, distinguer sous-expansion et malapposition, et justifier la conduite différente qu'appelle chacune
1. L'angioplastie coronaire : une rupture programmée de la plaque
1.1. Ce que l'on fait réellement à l'artère
Une angioplastie n'est pas un « débouchage ». Le ballon ne racle rien et n'aspire rien : il casse. La définition de travail posée par le diaporama source est la bonne — l'angioplastie est une rupture programmée de la plaque d'athérome. Sous l'effet de la pression, la chape fibreuse se fend à son point le plus faible ; la média s'étire, l'adventice se distend, et la lumière s'agrandit d'autant. Un bon résultat angiographique est donc, histologiquement, une dissection contrôlée.
Trois phénomènes cherchent ensuite à annuler ce gain. Le retour élastique immédiat — le recoil — reprend en quelques minutes une part du diamètre conquis. Le remodelage constrictif rétrécit le vaisseau sur plusieurs semaines. L'hyperplasie néointimale, réaction cicatricielle à la blessure pariétale, comble progressivement la lumière, avec un maximum entre le troisième et le douzième mois — plus tardive et moins abondante sous stent actif. Le stent répond aux deux premiers : c'est un échafaudage qui empêche le recul et fixe le résultat. Il ne répond pas au troisième — il l'aggrave même, puisqu'il ajoute un corps étranger permanent à la blessure. C'est le problème que résout le stent actif, en libérant localement un antiprolifératif de la famille des « limus ».
1.2. Le vocabulaire du succès
Trois niveaux de succès sont à distinguer, car ils ne s'évaluent ni au même moment ni par la même personne. Le succès angiographique se juge sur la table : sténose résiduelle inférieure à 20 % du diamètre de référence — idéalement inférieure à 10 %, qui définit le résultat optimal, flux TIMI III, absence de dissection significative. Le succès procédural y ajoute l'absence de complication majeure intrahospitalière — décès, infarctus, revascularisation en urgence, accident vasculaire cérébral. Le succès clinique s'apprécie à distance : disparition de l'angor, absence de revascularisation du vaisseau cible. On peut obtenir le premier et manquer le troisième ; c'est même la règle lorsque l'indication a été posée sur une image plutôt que sur une ischémie.
2. Qu'est-ce qu'une lésion « simple » ?
2.1. La classification ACC/AHA, toujours utile
La classification morphologique de l'American College of Cardiology et de l'American Heart Association date de l'ère du ballon seul, mais elle reste le langage commun de la salle : elle décrit ce qui rend une lésion difficile à atteindre, à franchir et à traiter, en trois types de succès décroissant et de risque croissant.
| Type | Critères morphologiques | Pronostic procédural |
|---|---|---|
| Type A | Lésion courte, inférieure à 10 mm ; concentrique ; accessible facilement ; angle en amont inférieur à 45° ; contours lisses ; non calcifiée ; non ostiale ; sans branche naissant de la lésion ; sans thrombus | Succès élevé, risque faible |
| Type B | Lésion tubulaire, 10 à 20 mm ; excentrique ; tortuosité modérée en amont ; angle entre 45° et 90° ; contours irréguliers ; calcification modérée ; occlusion de moins de 3 mois ; lésion ostiale ; bifurcation ; thrombus | Succès moyen, risque modéré |
| Type C | Lésion diffuse, supérieure à 20 mm ; tortuosité extrême en amont ; angle supérieur à 90° ; occlusion de plus de 3 mois ; branche importante naissant dans la lésion et impossible à protéger ; greffon veineux dégénéré | Succès faible, risque élevé |
Une lésion est dite simple lorsqu'elle est de type A, ou de type B à un seul critère sans calcification ni bifurcation. C'est cette lésion-là — courte, concentrique, sur un segment droit d'un vaisseau de bon calibre — qui sert de modèle pédagogique : elle permet d'apprendre la séquence complète du geste sans que la difficulté technique n'en masque la logique.
2.2. Simple ne veut pas dire sans risque
Le mot est trompeur à deux titres. D'abord parce que la classification repose sur une image en deux dimensions d'une lumière : elle ne dit rien du fardeau de plaque réel de la paroi, que seule l'imagerie endocoronaire mesure. Une lésion angiographiquement banale peut recouvrir un arc calcique circonférentiel, un pool lipidique volumineux, ou un vaisseau nettement plus gros que la lumière ne le laisse croire. Ensuite parce que les complications les plus redoutées — occlusion aiguë, dissection de propagation, perforation, thrombose de stent — surviennent aussi sur des lésions réputées faciles, précisément parce que l'opérateur y baisse la garde.
3. Poser l'indication : de l'ischémie au geste
3.1. Une sténose n'est pas une indication
La règle est aujourd'hui sans ambiguïté dans le syndrome coronarien chronique : on ne traite pas une image, on traite une ischémie. Une sténose intermédiaire, entre 40 et 90 % en évaluation visuelle, doit être documentée avant d'être dilatée — soit par une épreuve fonctionnelle non invasive (échographie de stress, scintigraphie, IRM de stress, coroscanner avec FFR dérivée), soit par une mesure invasive de la réserve de débit. Les seuils sont à connaître par cœur : la FFR est significative à 0,80 ou moins, les indices sans hyperhémie de type iFR à 0,89 ou moins. Au-delà de 90 % de sténose visuelle sur un tronc de bon calibre, la mesure n'est plus nécessaire. Pour le détail, voir dans cette discipline les cours consacrés à la FFR et à l'iFR.
3.2. Ce que le stent apporte, et ce qu'il n'apporte pas
Deux essais ont recadré l'attente du patient et celle du médecin. ORBITA, contre procédure factice, a montré qu'en angor stable monotronculaire sous traitement médical optimal le gain de l'angioplastie sur la durée d'effort était modeste et non significatif — même si le gain sur l'ischémie objective, lui, était net. ISCHEMIA, sur plus de 5 000 patients porteurs d'une ischémie au moins modérée, n'a pas montré de réduction du critère combiné décès cardiovasculaire et infarctus, mais une amélioration nette et durable de l'angor et de la qualité de vie chez les patients symptomatiques. La conclusion est simple à formuler et difficile à tenir : dans le syndrome coronarien chronique, l'angioplastie traite le symptôme et l'ischémie, non le pronostic — et le traitement médical optimal en est le préalable, jamais l'alternative de repli.
Le raisonnement s'inverse dans le syndrome coronarien aigu, où l'angioplastie de la lésion coupable change le pronostic vital : reperfusion primaire dans l'infarctus avec sus-décalage du segment ST, stratégie invasive précoce dans les formes sans sus-décalage à haut risque. L'indication n'y est plus discutée sur une image, mais sur un délai.
3.3. Ce qui reste à discuter en équipe
Le score SYNTAX quantifie la complexité anatomique de l'arbre coronaire et oriente le choix entre angioplastie et pontage : un score bas — habituellement inférieur à 23 — autorise l'angioplastie, un score élevé fait pencher vers la chirurgie, particulièrement chez le diabétique. Le détail appartient au cours consacré à la revascularisation des pluritronculaires. Retenez qu'une lésion techniquement simple peut appartenir à un patient dont la revascularisation ne l'est pas, et que la décision précède le matériel.
4. Préparer le patient et sécuriser la procédure
4.1. Le bilan minimal avant la salle
Il tient en quelques lignes et conditionne toute la procédure : numération et plaquettes, créatininémie avec débit de filtration glomérulaire estimé, ionogramme, groupe sanguin, hémostase si le patient est sous anticoagulant, électrocardiogramme de référence. On documente les allergies, en particulier aux produits de contraste iodés, et l'on interroge sur la metformine — non parce qu'elle serait néphrotoxique, mais parce qu'une insuffisance rénale induite par le contraste peut la faire s'accumuler et provoquer une acidose lactique. On vérifie enfin les voies d'abord : pouls radiaux, état cutané aux plis inguinaux.
4.2. Le traitement antithrombotique de la procédure
L'aspirine est donnée à tous et doit être effective au moment du geste : charge de 150 à 300 mg par voie orale si le patient est naïf, puis 75 à 100 mg par jour à vie. Pour l'inhibiteur du P2Y12, la question n'est pas seulement « lequel » mais « quand », et c'est le point sur lequel les recommandations ont le plus changé. Trois situations, à ne jamais confondre.
- Angioplastie programmée sur syndrome coronarien chronique, anatomie connue : charge de clopidogrel 600 mg avant le geste.
- Syndrome coronarien aigu sans sus-décalage avec stratégie invasive précoce et anatomie non connue : pas de prétraitement systématique. L'inhibiteur du P2Y12 est administré une fois l'anatomie connue et la décision de revascularisation prise. Le prétraitement par prasugrel y est spécifiquement contre-indiqué depuis l'essai ACCOAST, qui n'a montré aucun bénéfice ischémique et un excès d'hémorragies.
- Syndrome coronarien aigu avec sus-décalage, angioplastie primaire décidée d'emblée : le prétraitement est possible, et l'inhibiteur du P2Y12 de première intention est le ticagrelor en l'absence de contre-indication — charge de 180 mg —, préféré au clopidogrel.
Les doses d'entretien s'apprennent avec les doses de charge : une charge sans entretien ne fait pas une ordonnance. Clopidogrel : charge de 600 mg, entretien 75 mg par jour. Ticagrelor : charge de 180 mg, entretien 90 mg deux fois par jour — c'est la molécule retenue ici en première intention, en l'absence de contre-indication, et c'est elle que suivent les conduites à tenir de ce cours. Prasugrel : charge de 60 mg dans tous les cas, entretien 10 mg par jour, ramené à 5 mg par jour si le poids est inférieur à 60 kg ; il n'est pas recommandé au-delà de 75 ans et reste contre-indiqué après un accident vasculaire cérébral ou un accident ischémique transitoire. Le prasugrel n'est pas disponible en Tunisie à ce jour : il est enseigné pour être connu, non pour être prescrit ici. Et l'on n'écrit jamais « demi-dose » sans nommer la dose d'entretien de référence à laquelle elle se rapporte. Retenez enfin la règle générale : ce qui doit être administré avant la salle, c'est l'aspirine ; pour l'inhibiteur du P2Y12, c'est le moment qui se discute, et il se règle sur le protocole du service.
L'anticoagulation per-procédure repose en première intention sur l'héparine non fractionnée, et chaque posologie va avec sa propre cible. 70 à 100 UI/kg en bolus, cible de temps de coagulation activé de 250 à 350 secondes ; en association à un anti-GPIIb/IIIa, 50 à 70 UI/kg, cible d'ACT abaissée à 200 à 250 secondes. L'énoxaparine à 0,5 mg/kg en intraveineux direct et la bivalirudine sont des alternatives. Le point le plus souvent oublié figure en toutes lettres sur le diaporama source : si la procédure se prolonge, il faut réinjecter — un bolus initial ne couvre pas deux heures de salle.
4.3. Rayonnement et matériel de secours
La radioprotection se joue pendant la procédure : collimation permanente dès que l'on ne manipule pas le matériel, sauvegarde de la scopie plutôt qu'une nouvelle cinéangiographie, cadence d'images réduite, angulations extrêmes limitées. La dose délivrée est un paramètre de qualité au même titre que le résultat angiographique. Avant d'ouvrir le premier emballage, on vérifie enfin que sont à portée de main défibrillateur, atropine, adrénaline, isosorbide dinitrate pour usage intracoronaire, sérum salé hépariné, un jeu de ballons de tailles voisines et, pour les centres qui en disposent, un stent couvert. On ne cherche pas ce matériel au moment où l'on en a besoin.
5. L'inventaire du matériel
5.1. Sept objets, sept fonctions
Le diaporama source ouvre la partie technique par une liste de sept objets. Elle paraît triviale ; elle ne l'est pas, car chacun a une défaillance propre qui produit un incident caractéristique.
| Objet | Fonction | Défaillance typique |
|---|---|---|
| Cathéter guide | Intuber l'ostium, transmettre le support, permettre l'injection et la mesure de pression | Dissection ostiale iatrogène ; amortissement de la courbe de pression ; recul au franchissement |
| Valve hémostatique en Y | Laisser passer le matériel sans reflux sanguin ni entrée d'air | Valve laissée ouverte : saignement, ou aspiration d'air lors du retrait rapide d'un ballon |
| Passe-guide | Introduire et surtout préformer l'extrémité du guide | Préformage à la main d'un guide hydrophile : gaine polymère abîmée |
| Torqueur | Transmettre la rotation à l'extrémité du guide | Serré trop loin de la valve : perte du contrôle un-pour-un de la rotation |
| Inflateur | Délivrer et surtout mesurer la pression d'inflation | Mal purgé : bulles injectées dans le ballon ; lecture faussée |
| Guide coronaire 0,014 pouce | Franchir la lésion et servir de rail à tout le reste | Passage sous-intimal ; position trop distale et perforation ; fracture sur torsion |
| Ballon et stent | Rompre la plaque, puis maintenir le résultat | Bulle résiduelle ; rupture sur calcification ; perte du stent au retrait |
5.2. Les repères de calibre
Trois unités cohabitent sur la table. Le French mesure le diamètre externe des cathéters : 1 F vaut 0,33 mm, un cathéter guide 6 F mesure donc 2 mm de diamètre externe pour un diamètre interne voisin de 0,070 pouce. Le pouce mesure les guides : le standard coronaire est le 0,014 pouce, soit 0,36 mm. Le millimètre mesure les vaisseaux, les ballons et les stents. Le 6 F est aujourd'hui le calibre de référence : il autorise l'angioplastie simple, mais aussi l'imagerie endocoronaire, la plupart des techniques à deux stents et l'athérectomie rotationnelle avec fraise de petit diamètre. Le 7 F ne se justifie plus que lorsque deux dispositifs volumineux doivent cohabiter dans la lumière — certaines bifurcations à deux stents, athérectomie avec fraise de gros diamètre, association d'un cathéter d'extension et d'un ballon d'ancrage.
6. La voie d'abord et le cathéter guide
6.1. Radiale par défaut
La voie radiale est la voie de première intention, recommandation de classe I des sociétés européennes chez l'opérateur entraîné. Le bénéfice ne tient pas au confort, mais il faut attribuer à chaque essai ce qui lui revient. RIVAL a montré une réduction des complications vasculaires majeures au point d'accès, sans réduction du critère principal ni de la mortalité. C'est MATRIX, dans les syndromes coronariens aigus, qui a montré une réduction des hémorragies majeures et de la mortalité toutes causes. Ses limites doivent être connues avant de piquer : artère de petit calibre, spasme, boucle radiale ou brachiale, arteria lusoria, artère destinée à un pontage mammaire, capital vasculaire à préserver chez l'insuffisant rénal terminal.
Un point pratique manque souvent à l'enseignement de cette voie : l'héparinisation de l'abord radial. Elle repose sur 50 UI/kg, soit environ 5 000 UI, administrées dès la mise en place du désilet. Cette dose est celle de l'abord artériel ; dès qu'une angioplastie est décidée, on complète pour atteindre la dose procédurale de 70 à 100 UI/kg — 50 à 70 UI/kg en cas d'anti-GPIIb/IIIa associé —, sous contrôle du temps de coagulation activé — le sous-dosage est le facteur de risque documenté d'occlusion radiale, et cette occlusion se paie plus tard, le jour où le patient a besoin d'un second abord.
La voie fémorale garde des indications précises : gros calibre nécessaire, échec radial, assistance circulatoire. Sa sécurité tient tout entière au site de ponction : au-dessus de la bifurcation fémorale et en regard du tiers médian de la tête fémorale, sous repérage scopique ou échographique. Trop haute, elle expose à l'hématome rétropéritonéal ; trop basse, au faux anévrysme et à la fistule artério-veineuse. Voir le cours consacré à la voie fémorale.
6.2. Choisir le cathéter guide : une affaire de support
Le cathéter guide n'est pas un cathéter diagnostique renforcé : lumière plus large, paroi plus fine, pas de trous latéraux dans sa version standard, et surtout une courbe primaire dessinée pour prendre appui sur la paroi aortique controlatérale. C'est cet appui que l'on appelle le support, et c'est lui qui décide de la capacité à pousser un ballon ou un stent à travers une lésion serrée. Le tableau du diaporama source, à mémoriser, classe les cathéters par vaisseau cible et par support croissant.
| Vaisseau cible | Support simple (+) | Support intermédiaire (++) | Support fort (+++) |
|---|---|---|---|
| Interventriculaire antérieure | JL 3,5 ou JL 4 | AL 2 | XB ou EBU 3,5 |
| Circonflexe | JL 4 ou JL 5 | AL 2, Voda | XB ou EBU 3,5 à 4 |
| Coronaire droite | JR 4 | AR 1 ou AR 2 | Hockey stick, AL 1 ou AL 2 |
Deux nuances complètent ce tableau. Le JR 4 peut offrir un support supérieur à ce que sa forme laisse croire s'il est engagé profondément dans le vaisseau cible — le deep throating —, à la condition expresse de ne pas traumatiser l'ostium. Et le calibre choisi doit tenir compte de la voie d'abord : par voie radiale, on descend rarement en dessous de 6 F et l'on monte rarement au-delà de 7 F.
6.3. Support passif, support actif
Le support passif repose sur la géométrie du cathéter, qui vient buter contre la paroi aortique opposée : c'est le principe des courbes EBU, XB ou Voda à gauche, des courbes AL à droite. Le support actif consiste à avancer le cathéter dans le vaisseau, ou à recruter un renfort — cathéter d'extension coaxial, deuxième guide dit buddy wire, ballon d'ancrage dans une branche latérale. Sur une lésion simple, le support passif suffit presque toujours ; il faut néanmoins savoir reconnaître le moment où l'on pousse sans que rien n'avance, car c'est là que le cathéter recule, se désintube, ou au contraire plonge et disséque l'ostium. Le cours consacré au support développe ces techniques.
7. Ce qu'est un bon résultat final
7.1. Les critères angiographiques
Le diaporama source les résume en trois lignes, à réciter à la fin de chaque procédure.
- Flux TIMI III : opacification complète et rapide du lit d'aval, comparable à celle d'un vaisseau normal.
- Absence de dissection à la sortie du stent, vérifiée sur deux incidences orthogonales — une dissection de bord peut être invisible sur la seule incidence de travail.
- Absence de sténose résiduelle significative, y compris aux bords du stent et sur les branches couvertes.
S'y ajoutent deux vérifications que l'on oublie volontiers : la perméabilité des branches latérales couvertes par les mailles, et l'absence de complication à distance du site traité — guide oublié en distalité, dissection ostiale créée par le cathéter guide, spasme radial. La dernière image d'une angioplastie doit inclure le segment proximal et l'ostium, pas seulement le stent.
7.2. Ce que l'angiographie ne voit pas
Le point le plus important de cette section est aussi le plus contre-intuitif : un résultat angiographique parfait ne garantit pas un stent correctement déployé. Les registres de vie réelle montrent qu'à la fin d'une procédure jugée réussie, la FFR reste inférieure à 0,80 dans 20 à 30 % des cas. Trois explications se partagent ces situations : une maladie athéromateuse diffuse en dehors du stent, un maldéploiement du stent, une dissection à la sortie du stent. Les seuils proposés pour une FFR post-angioplastie satisfaisante varient de 0,86 à 0,96 selon les séries : la question n'est pas tranchée, mais le message l'est — l'œil de l'opérateur surestime systématiquement la qualité de son résultat.
8. Après la salle : surveillance, traitement, suivi
8.1. Les premières heures
La surveillance immédiate porte sur quatre points. Le point de ponction : pansement compressif radial desserré progressivement, en surveillant coloration et sensibilité de la main ; compression fémorale prolongée et repos au lit, avec examen répété du pli inguinal et de l'abdomen. La douleur thoracique : toute récidive impose un électrocardiogramme immédiat, comparé au tracé de référence. La fonction rénale à 48-72 heures chez les patients à risque. Le dosage de troponine après angioplastie programmée n'est utile que si l'on en attend une décision : une élévation isolée, sans douleur ni modification électrique, est fréquente et sans valeur pronostique majeure en dessous des seuils définissant l'infarctus péri-procédural.
8.2. La bithérapie antiplaquettaire et sa durée
Après angioplastie avec stent actif, la double antiagrégation associe aspirine et inhibiteur du P2Y12 pendant 6 mois dans le syndrome coronarien chronique et 12 mois dans le syndrome coronarien aigu, puis l'aspirine seule à vie. Cette durée se module dans les deux sens : elle se raccourcit à 1 à 3 mois chez les patients à haut risque hémorragique — critères ARC-HBR, score PRECISE-DAPT élevé — et peut se prolonger chez les patients à haut risque ischémique et faible risque hémorragique. Sous anticoagulant oral, on privilégie une trithérapie la plus courte possible, souvent limitée à la période hospitalière, puis anticoagulant plus clopidogrel.
Une alternative désormais recommandée mérite d'être connue : une fois passée la période de risque ischémique le plus élevé, on peut arrêter l'aspirine à 3 à 6 mois et poursuivre en monothérapie par inhibiteur du P2Y12 — ticagrelor, ou clopidogrel. Les essais dédiés montrent une réduction des hémorragies sans excès d'événements ischémiques, et cette stratégie est particulièrement pertinente chez le patient à haut risque hémorragique. Elle ne dispense pas d'une décision au cas par cas.
Un point mérite d'être souligné : le choix du stent ne doit pas être dicté par la durée de bithérapie espérée. Le diaporama source est catégorique — « toujours un stent actif, quelle que soit la durée du traitement antiagrégant recherché ». Les stents actifs de dernière génération, notamment les stents sans polymère, autorisent des durées courtes de bithérapie sans revenir au stent nu, dont la supériorité présumée en sécurité n'existe plus.
8.3. La prévention secondaire, qui fait le pronostic
C'est elle, et non le stent, qui modifie l'histoire de la maladie. Statine de haute intensité chez tous, avec pour cible un LDL-cholestérol inférieur à 1,4 mmol/L (55 mg/dL) et une baisse d'au moins 50 %, en ajoutant ézétimibe puis inhibiteur de PCSK9 si l'objectif n'est pas atteint. Arrêt du tabac. Contrôle tensionnel et glycémique, avec préférence pour les classes à bénéfice cardiovasculaire démontré chez le diabétique. Bêtabloquant selon la fonction ventriculaire gauche, inhibiteur de l'enzyme de conversion en cas de dysfonction ventriculaire, de diabète, d'hypertension ou d'insuffisance rénale. Et la réadaptation cardiovasculaire, systématiquement proposée. Le patient doit repartir avec une consigne écrite sur ses antiagrégants et sur ce qu'il doit faire en cas de douleur.
9. Monter, purger, intuber : les cinq premières minutes — pour aller plus loin
Ce qui précède suffit au cardiologue qui pose l'indication, prépare le patient et assure le suivi. La suite s'adresse à l'opérateur en salle : choix du matériel, gestes, astuces techniques et gestion des incidents.
9.1. Le rinçage et la purge : la faute qui coûte le plus cher
Le diaporama source insiste dès la première diapositive technique : le rinçage au sérum hépariné de tous les cathéters est essentiel à la bonne conduite de l'examen. Le montage se fait dans un ordre invariable — connexion du cathéter guide à la valve en Y, raccordement au manifold, purge de tout le système, ligne de pression comprise, puis mise à zéro. Viennent alors trois vérifications, dans cet ordre.
- Vérifier la courbe de pression. Elle doit être ample, avec une incisure catacrote nette. Une pression aplatie signifie une bulle, une purge incomplète ou un zéro erroné : on refait la purge et le zéro, on ne discute pas.
- Vérifier le retour de sang par aspiration douce, avant toute injection.
- Chasser les bulles, en gardant l'ensemble du montage sous contrôle visuel.
Une fois le cathéter dans l'ostium, la courbe de pression devient un moniteur permanent. La pression amortie — courbe qui s'écrase, moyenne conservée — traduit une obstruction partielle de l'ostium par le cathéter, un thrombus ou une bulle. La ventricularisation — perte de la pression diastolique, qui rejoint la valeur télédiastolique ventriculaire — traduit une obstruction quasi complète. Dans les deux cas, on désintube immédiatement avant d'injecter, sous peine de créer une dissection ostiale ou une ischémie majeure. Le risque est maximal sur une coronaire droite de petit calibre et sur un tronc commun court.
9.2. Intuber l'ostium sans le blesser
L'intubation d'un cathéter guide diffère de celle d'un cathéter diagnostique par un point : le guide est plus rigide, donc plus agressif. Pour le tronc commun gauche, un cathéter EBU ou XB se positionne en prenant appui sur la paroi aortique controlatérale, c'est-à-dire droite, l'extrémité venant se placer coaxialement dans l'ostium ; la manœuvre est une descente accompagnée d'une rotation lente, jamais une poussée. Pour la coronaire droite, le JR 4 s'engage par une rotation horaire à hauteur du sinus de Valsalva droit — et non du sinus coronaire, qui est une structure veineuse, en léger retrait.
Trois signes disent que l'intubation est correcte : courbe de pression normale, position coaxiale à la scopie, injection test qui opacifie tout le vaisseau sans reflux excessif. Trois signes disent le contraire : amortissement, extrémité appuyée tangentiellement sur une paroi, opacification incomplète. Une intubation forcée sur un ostium athéromateux est le mécanisme le plus direct de dissection ostiale iatrogène — d'autant plus grave qu'elle peut se propager de façon rétrograde vers la racine aortique.
9.3. La valve en Y, le torqueur, l'inflateur
La valve hémostatique reste fermée par principe et ne s'ouvre que le temps du passage du matériel. On essuie le guide à la compresse humide à chaque passage — le diaporama source y insiste : « commencer par rincer le guide avec une compresse mouillée » avant d'introduire un ballon ou un stent, car un guide sec accroche le ballonnet.
Le torqueur se place le plus près possible de la valve : plus la longueur libre de guide est grande, plus la rotation se stocke dans le corps du guide au lieu d'atteindre la pointe — et se libère ensuite d'un coup, incontrôlable.
L'inflateur obéit à une règle simple et constamment enfreinte : toujours en position verticale, embout vers le haut, de manière à ce que l'air résiduel reste au sommet de la seringue. On le remplit moitié produit de contraste, moitié sérum physiologique : le contraste pur est trop visqueux et rallonge le dégonflage, le sérum pur ne permet pas de voir le ballon. Un ballon qui met plusieurs secondes à se dégonfler prolonge d'autant l'ischémie.
10. Choisir l'incidence de travail et lire la lésion — pour aller plus loin
10.1. Le principe : dégager, ne pas raccourcir
Une bonne incidence de travail remplit trois conditions : elle dégage la lésion de toute superposition, elle montre le segment dans sa vraie longueur, et elle ouvre la bifurcation voisine si le geste risque d'y toucher. Le raccourcissement — foreshortening — est l'ennemi principal de la mesure : un segment vu en raccourci paraît court, on choisit un stent trop court, la lésion n'est pas couverte. La règle du diaporama source est explicite : « éviter de mesurer la lésion sur les incidences de raccourcissement ».
La séquence pratique est double. Pour faire passer le guide dans l'interventriculaire antérieure ou la circonflexe, on se place d'abord en face caudale ou oblique antérieure droite caudale : cette incidence ouvre la bifurcation du tronc commun et sépare nettement les deux branches. Puis, pour l'interventriculaire antérieure, on bascule en crânial, seule façon de la distinguer de ses diagonales et d'éviter de traiter la mauvaise branche.

10.2. Les incidences par segment
| Segment cible | Incidences recommandées | Piège |
|---|---|---|
| Interventriculaire antérieure proximale | OAD 30° caudale 20° ; OAD 30° crâniale 30° | Superposition avec la circonflexe et le tronc commun en caudale pure |
| Interventriculaire antérieure moyenne et distale | OAG 50° crâniale 30° ; OAG 10° caudale 35-40° ; face crâniale 30° | Magnification des segments distaux : surestimation du diamètre |
| Circonflexe et marginales | OAD 30° caudale 20° ; face caudale 30° ; OAG 45° caudale 25° | Raccourcissement majeur des marginales en crânial |
| Coronaire droite proximale et moyenne | OAG 40-50° ; OAD 30° | Le segment II est le mieux dégagé en OAG |
| Coronaire droite distale, croix et branches | Face crâniale 30° ; OAG 45° crâniale 30° | Le « trépied » se superpose en incidence droite |
Ces angulations sont des points de départ, non des dogmes. Le réflexe à installer est de chercher activement la bonne incidence avant d'ouvrir le matériel, et non de composer avec celle que l'on a.
10.3. Quantifier la lésion avant de choisir le matériel
Quatre données conditionnent tout le reste : la longueur de la lésion, le diamètre de référence mesuré sur le segment « normal » de part et d'autre, la présence de calcifications ou d'un thrombus intraluminal, et les éléments de complexité procédurale — proximité d'une branche latérale, tortuosité, angulation. Deux précautions rendent ces mesures fiables. La première est d'injecter un dérivé nitré intracoronaire avant de mesurer : isosorbide dinitrate 1 à 3 mg en intracoronaire. Sans cette injection, un spasme même modéré fait sous-estimer le diamètre de référence, et c'est ainsi que l'on choisit un stent trop petit. La seconde est de calibrer sur le cathéter guide, dont le diamètre est connu, plutôt que de se fier à l'œil. Enfin, dès que le geste commence, concentrez-vous sur la lésion cible : on ne traite pas trois lésions à la fois et l'on ne se laisse pas distraire par une sténose intermédiaire découverte au passage.
11. Le guide coronaire : choix, préformage, franchissement — pour aller plus loin
11.1. Connaître trois ou quatre guides, vraiment
Le conseil du diaporama source est peut-être le plus utile de tout le cours : « connaître bien trois à quatre guides — son guide, dépendant de l'expérience ». Les catalogues comptent des centaines de références ; la sécurité vient de la maîtrise d'un petit nombre.
| Famille | Caractéristiques | Exemples cités | Indication |
|---|---|---|---|
| Guides de travail | Extrémité souple, floppy, grammage faible, pointe non hydrophile, bonne transmission du couple | Runthrough, BMW, Asahi Soft, Sion | Lésions simples : pas de tortuosité marquée, occlusion aiguë récente |
| Guides hydrophiles à gaine polymère | Glissants, franchissent les trajets difficiles, mais peu de retour tactile et risque accru de trajet sous-intimal et de perforation distale | Choice PT, Pilot, Fielder | Tortuosités importantes, lésions très serrées, calcifications |
| Guides à grammage élevé | Pointe rigide, forte pénétration, dangereux en mains inexpérimentées | Gammes dédiées aux occlusions chroniques | Occlusions totales chroniques — hors du champ de ce cours |
| Guides de support | Corps rigide, pointe souple ; améliorent la poussée du matériel | Gammes extra-support | Franchissement difficile, vaisseau tortueux |
Avant d'utiliser un guide inconnu, deux vérifications suffisent : son grammage et son caractère hydrophile ou hydrophobe. Et une règle absolue, énoncée telle quelle par le diaporama source : ne jamais piéger un guide que l'on ne connaît pas — ne jamais l'emprisonner sous un stent sans savoir comment il se comporte à la traction.
11.2. Préformer : le geste que l'on bâcle
Le préformage décide de la facilité du franchissement, et il se fait de préférence avec le passe-guide — impérativement pour un guide hydrophile, dont la gaine polymère s'abîme au contact des doigts ou d'une aiguille. Les repères sont précis : pour une lésion non occlusive, une courbure douce et régulière, de 3 à 6 mm de diamètre ; pour une occlusion chronique, une double courbure avec deux points de pliure et une courbure distale très courte, de 1 à 2 mm.
La forme du J s'adapte au vaisseau à cathétériser, une fois la bifurcation du tronc commun bien dégagée : petit J pour l'interventriculaire antérieure et pour la coronaire droite, J plus important, voire double courbure, pour la circonflexe, dont l'angle de départ est beaucoup plus ouvert. Un guide dont la courbure est trop grande rebondit dans le tronc ; un guide dont la courbure est trop petite part systématiquement dans la mauvaise branche.
11.3. Franchir : trois manières de progresser, deux façons d'échouer
La progression d'un guide n'est pas une poussée : c'est une combinaison de rotation fine et d'avance millimétrique. Le glissement — sliding — fait avancer la pointe le long de la paroi, en rotation douce, sans jamais l'engager frontalement. Le looping, présenté comme la technique idéale par le diaporama source, laisse l'extrémité former une petite boucle qui progresse en s'appuyant sur les parois : la pointe ne « pique » plus, elle roule, ce qui protège des trajets sous-intimaux et des perforations. Le franchissement en ligne droite reste possible sur une lésion courte et concentrique.

Deux échecs sont à reconnaître immédiatement. Le passage sous-intimal : le guide ne progresse plus, sa pointe se déforme, l'injection test montre une stagnation ou un double contour. La consigne est celle du diaporama, en toutes lettres : ne forcez pas. On retire, on reforme, on réoriente. La position trop distale : le guide file dans une septale ou une artériole terminale et sa pointe rigide finit par perforer. Un signe électrique remarquable est ici donné par le diaporama source — l'apparition d'extrasystoles ventriculaires signe presque toujours un guide enfoncé en distalité : il faut le retirer immédiatement, car une perforation distale est difficile à gérer et sans bénéfice compensateur.
Si la perforation est déjà faite, la conduite immédiate tient en deux temps. D'abord arrêter le saignement : gonfler sans délai un ballon en amont du point de fuite, à basse pression, et le laisser en place ; prévenir l'équipe, demander une échocardiographie sur table à la recherche d'un épanchement péricardique, et préparer le matériel de drainage péricardique. Ensuite traiter la fuite : réévaluer l'anticoagulation et discuter l'antagonisation de l'héparine par le sulfate de protamine — décision à mettre en balance avec le risque de thrombose sur un stent fraîchement implanté —, puis, si le saignement persiste, emboliser la branche distale : fragment de guide, microcoils, colle, graisse autologue. Une perforation distale qui saigne dans le péricarde est une urgence de tamponnade, pas un incident angiographique.
12. Préparer la lésion : prédilatation ou stenting direct — pour aller plus loin
12.1. Deux époques, deux doctrines
À l'époque du stent en acier, la prédilatation était systématique et se justifiait par trois arguments : favoriser le franchissement d'un système épais et peu flexible, diminuer les sous-déploiements, et par là limiter les thromboses et les resténoses. Les plateformes en chrome-cobalt ont changé la donne : leurs mailles sont 30 à 40 % plus fines que celles de l'acier, leur profil de franchissement est meilleur, et l'idée s'est imposée qu'on ne préparait plus la plaque — c'est le stenting direct.
Les bénéfices attendus sont réels : réduction du temps de procédure, du volume de contraste et du coût ; réduction de la resténose par diminution du barotraumatisme, puisqu'on ne blesse la paroi qu'une fois ; réduction de la longueur des stents implantés. Les risques le sont tout autant : échec de franchissement dans 15 à 20 % des cas, erreur de dimensionnement en longueur comme en diamètre — puisque l'on mesure sur une lumière non préparée — et sous-expansion.
12.2. Ce que disent les essais
Deux travaux structurent la discussion, tous deux présents dans le diaporama source. Hoffmann et coll. (American Heart Journal, 2004) ont comparé les deux stratégies sous contrôle par ultrasons endocoronaires : le stenting direct produit le même traumatisme pariétal et la même modification de la morphologie de plaque que la prédilatation, avec des résultats angiographiques et une hyperplasie intimale comparables à six mois. La méta-analyse de Piscione et coll. (Heart, 2010), sur 24 essais randomisés, retrouve un bénéfice net du stenting direct sur le critère combiné décès-infarctus, avec un rapport de cotes de 0,77 (intervalle de confiance à 95 % : 0,59 à 0,99), entièrement porté par la réduction des infarctus péri-procéduraux.
12.3. La règle pratique
La synthèse tient en quatre lignes, telles que le diaporama source les formule.
- Devant une lésion simple, non calcifiée, non irrégulière, non tortueuse : favoriser le stenting direct autant que possible.
- Sinon, prédilater à faible pression, 6 à 8 atm, avec un ballon semi-compliant ou non compliant de diamètre inférieur à celui de l'artère — rapport ballon sur artère de l'ordre de 0,8 à 0,9.
- Prédilater systématiquement une lésion hyperserrée, qui risque de devenir occlusive au moment du positionnement du stent.
- Corollaire du chapitre précédent : ne jamais pousser un stent contre une lésion que le ballon n'a pas franchie.
La préparation du ballon ou du stent obéit à la même exigence que celle du montage : éviter les bulles. On purge le ballonnet en aspirant sous vide à la seringue, plusieurs fois, jusqu'à ne plus voir remonter d'air. La justification est explicite dans le diaporama : si le ballon se perce, par exemple sur une calcification, tout l'air qu'il contient passe dans la coronaire.
13. Implanter, postdilater, vérifier : l'optimisation du stent — pour aller plus loin
13.1. Choisir le stent : diamètre, longueur, type
Le diamètre se choisit sur le segment distal de référence, jamais sur le proximal : un stent dimensionné sur le proximal serait surdimensionné en distalité et exposerait à la dissection ou à la rupture. Lorsque le vaisseau change nettement de calibre, on postdilate la partie proximale avec un ballon non compliant plus large. La longueur doit couvrir la totalité de la lésion avec une marge saine de part et d'autre : l'erreur la plus fréquente est de sous-estimer la longueur, et une lésion non couverte au bord du stent est un facteur documenté d'événement. Le type ne se discute plus : toujours un stent actif.
13.2. Déployer : la séquence et ses réflexes
La progression du stent se fait sous scopie, jamais à l'aveugle, et cinq réflexes accompagnent ce trajet.
- Garder l'extrémité du cathéter guide dans le champ — impératif absolu, particulièrement dans l'angioplastie des pontages.
- Surveiller l'électrocardiogramme : des extrasystoles ventriculaires signent un guide trop distal, à retirer avant de poursuivre.
- Couvrir toute la lésion et prendre son temps sur le positionnement : c'est la seule étape où la lenteur est une vertu.
- Ne pas s'arrêter dans une lésion de plus de 50 % : un stent immobilisé au milieu d'une sténose serrée devient très difficile à retirer et expose à la perte de stent.
- Préférer la sauvegarde de scopie à la cinéangiographie pour le placement : l'image suffit pour un coût dosimétrique bien inférieur.
La pression de déploiement n'est pas un détail, mais elle ne se résume à aucun chiffre à retenir : aucun seuil normatif de pression d'implantation n'est enseigné dans ce cours. Ce qui fixe la pression, c'est le résultat obtenu sur l'image, non un nombre appris. La seule donnée de grande ampleur disponible est un registre suédois de plus de 90 000 implantations entre 2008 et 2012 (Fröbert et coll., PLoS One 2013), dont les catégories de pression portent sur la pression d'implantation au ballon de largage : il y observe un surcroît de resténose et de thrombose aux pressions basses comme aux pressions très élevées. Lisez ce résultat pour ce qu'il est : une observation de registre, exposée à la confusion d'indication — un stent implanté à très haute pression l'est le plus souvent parce que la lésion résistait. Elle n'autorise ni à ériger une fenêtre de pression en règle, ni à s'interdire une haute pression lorsque le résultat l'exige.
Le retrait du ballon dégonflé demande enfin une précaution que l'on n'apprend qu'en salle : la traction sur le système entraîne un mouvement inverse du cathéter guide, qui plonge dans la coronaire droite ou le tronc commun et peut le disséquer. La parade est simple — se désintuber légèrement en poussant sur le guide juste avant de retirer le ballon.
13.3. Postdilater : quel ballon, quelle pression, quelle durée
La postdilatation par ballon non compliant est la règle dès que le résultat n'est pas parfait, et deux situations très différentes se cachent sous le même mot. La postdilatation courante, celle qui suit une implantation satisfaisante, se fait avec un ballon non compliant de diamètre égal au diamètre de référence — rapport 1:1 — et de longueur inférieure à celle du stent, pour ne pas traumatiser les bords. La lésion résistante, celle qui ne cède pas, relève d'une autre technique, décrite telle quelle par le diaporama source : débuter par un ballon volontairement sous-dimensionné avec des inflations maximales, répétées et prolongées, puis n'élargir le ballon qu'une fois la lésion assouplie. Ne mélangez pas les deux consignes : appliquer la seconde à la première situation, c'est postdilater trop petit et laisser une sous-expansion ; appliquer la première à la seconde, c'est exposer le ballon à la rupture sur une calcification. Deux caractéristiques distinguent par ailleurs les ballons : la compliance, gain de diamètre par atmosphère, et le profil de franchissement. Le détail des familles de ballons, de leurs courbes de compliance et de leurs pressions nominale et de rupture appartient au cours 86, « Les ballons d'angioplastie coronaire ».
La pression. Il n'y a pas de fenêtre de pression à retenir pour la postdilatation, et c'est le point que l'on enseigne le plus souvent de travers. La postdilatation au ballon non compliant se conduit jusqu'à la pression nominale du ballon, voire jusqu'à sa pression de rupture nominale — la rated burst pressure —, sous contrôle d'imagerie endocoronaire lorsqu'on en dispose, et tant que la sous-expansion persiste : c'est le résultat obtenu qui fixe la pression, non un chiffre appris. Reste le cas, de très loin le plus fréquent, de la salle qui n'a ni IVUS ni OCT. Le critère d'arrêt est alors angiographique : on postdilate jusqu'à la levée de l'empreinte, c'est-à-dire jusqu'à la disparition du rétrécissement que la lésion imprime encore au ballon et au stent, jugée à l'agrandissement et, mieux encore, sur une technique de rehaussement du stent — Stent Boost par exemple. Tant que l'empreinte reste visible, la postdilatation n'est pas terminée. Les catégories de pression du registre suédois citées à la section précédente concernent, elles, la pression d'implantation au ballon de largage : c'est un autre geste et un autre ballon, et les transposer à la postdilatation est une faute de raisonnement.
La durée. Une méta-analyse publiée dans Catheterization and Cardiovascular Interventions en 2018 (Saad et coll.) a comparé inflation brève et inflation prolongée, sur des effectifs réduits et sur des critères d'imagerie : l'inflation prolongée, d'au moins 30 secondes, améliore significativement le diamètre minimal du stent et la surface minimale du stent. C'est tout ce que cette méta-analyse établit. Le signal favorable sur la revascularisation du vaisseau cible et sur la mortalité cardiaque provient d'une comparaison observationnelle distincte, non randomisée, dont les deux groupes différaient sur la pression d'inflation et surtout sur le recours à la postdilatation — 54 % contre 14 %. C'est une donnée exploratoire, exposée à la confusion d'indication, non une réduction de mortalité démontrée. Retenez le chiffre — 30 secondes, pas trois — et retenez aussi que ce qu'il améliore est un critère de substitution.
Reste le cas des lésions non dilatables. Les ballons à très haute pression de type OPN, à double couche, offrent une expansion homogène sans effet de « dog-boning » — donc sans surdilatation des berges, et moins de risque de dissection étendue ou de rupture. Leur profil d'entrée de 0,016 pouce améliore le franchissement, et ils sont extrêmement non compliants, inflatables jusqu'à 35 atm. La plus grande série publiée (Secco et coll., 2016) porte sur 91 patients, avec un succès de procédure de 92 % et aucun événement cardiovasculaire majeur hospitalier. Les publications restent rares : à réserver à des mains entraînées.
13.4. Vérifier : les critères du déploiement optimal
C'est le cœur du cours, et la partie que l'on escamote le plus souvent. Quel pourcentage de stents sont mal déployés après implantation ? La réponse spontanée est souvent 10 %. La réalité est tout autre : les études par ultrasons endocoronaires trouvent 20 à 30 % de stents mal déployés, et les études par tomographie par cohérence optique 60 à 70 % — l'écart s'expliquant par une résolution axiale dix fois meilleure de l'OCT, comme l'ont montré les registres CLI-OPCI.

Le consensus d'experts de l'EAPCI de 2018 fixe cinq critères de déploiement optimal.
| Critère | Seuil |
|---|---|
| 1. Surface minimale du stent, valeur absolue | Supérieure à 5,5 mm² en IVUS et supérieure à 4,5 mm² en OCT, hors tronc commun |
| 2. Surface minimale rapportée à la référence | Supérieure à 80 % de la moyenne des surfaces de référence proximale et distale |
| 3. Malapposition acceptable | Distance axiale inférieure à 0,4 mm et longueur inférieure à 1 mm |
| 4. Dissection de bord acceptable | Angle inférieur à 60°, volet limité à l'intima, longueur inférieure à 2 mm |
| 5. Bords du stent | Fardeau de plaque inférieur à 50 %, absence de pool lipidique, absence de protrusion tissulaire étendue |
Deux notions voisines ne doivent jamais être confondues. La sous-expansion est un défaut de taille : surface minimale inférieure à 80 % de la référence, ou en valeur absolue inférieure à 5,5 mm² en IVUS et 4,5 mm² en OCT. La malapposition est un défaut de contact : certaines mailles ne touchent pas la paroi, en dehors de la naissance d'une collatérale. On peut être malapposé sans être sous-expansé, et inversement. La malapposition se classe en immédiate, constatée juste après l'implantation, et retardée, elle-même persistante ou de novo lorsqu'elle apparaît là où les mailles étaient initialement bien apposées.
Les causes de maldéploiement immédiat sont au nombre de trois : un stent sous-dimensionné, dans 46 % des cas, particulièrement sur sa partie proximale dans les lésions longues, où le vaisseau est plus large ; le recul élastique du stent lui-même, propre à certaines plateformes ; et l'anatomie — lésions calcifiées, occlusions chroniques, angulations. Les causes de maldéploiement tardif sont différentes et instructives : détersion retardée d'un thrombus après angioplastie primaire, cicatrisation néointimale inadéquate, remodelage positif selon l'effet décrit par Glagov, et passage de la section du vaisseau d'une forme circulaire à une forme ovalaire.
Comment faire le diagnostic ? Par l'imagerie endocoronaire, recommandée pour guider et vérifier l'implantation. Le consensus européen et les recommandations récentes écrivent « IVUS ou OCT » et ne hiérarchisent pas les deux modalités ; l'IVUS est préféré pour le tronc commun, les lésions ostiales et l'insuffisance rénale — faible pénétration de l'OCT, limites sur l'ostium, et nécessité d'injecter du produit de contraste pour chasser le sang. Le bénéfice clinique du guidage par imagerie dans les lésions complexes a été montré par RENOVATE-COMPLEX-PCI, qui rapporte une réduction d'environ un tiers du risque d'échec du vaisseau cible par rapport au guidage angiographique seul (rapport de risque 0,64 ; intervalle de confiance à 95 % : 0,45 à 0,89). À défaut d'imagerie endocoronaire, deux moyens plus accessibles rendent service : les techniques de rehaussement radiologique du stent — Stent Boost, ClearStent, ICI Stent —, qui corrèlent bien avec l'IVUS pour les diamètres et l'indice de symétrie, bien mieux que la seule angiographie quantitative, et sur lesquelles repose le critère de levée de l'empreinte décrit plus haut ; et la FFR post-angioplastie, dont une valeur basse doit faire chercher une sous-expansion ou une dissection de sortie avant d'être attribuée à une maladie diffuse. La valeur pronostique de ces mesures est établie : dans l'étude CLI-OPCI II, une surface luminale minimale intrastent inférieure à 4,5 mm², une dissection de plus de 200 µm au bord distal et une surface luminale de référence inférieure à 4,5 mm² sont des prédicteurs indépendants d'événements cardiovasculaires majeurs.
14. Points clés à retenir
- L'angioplastie est une rupture programmée de la plaque. Le stent traite le recul élastique et le remodelage constrictif, le principe actif traite l'hyperplasie néointimale, la bithérapie antiplaquettaire traite le risque de thrombose.
- Une lésion simple est de type A ou B à un seul critère : courte, concentrique, accessible, non calcifiée, non ostiale, sans bifurcation ni thrombus, angle inférieur à 45°. Simple ne veut pas dire sans risque.
- Dans le syndrome coronarien chronique, on traite une ischémie documentée, pas une image : FFR ≤ 0,80 ou iFR ≤ 0,89. Le stent améliore l'angor, pas le pronostic (ISCHEMIA, ORBITA).
- Voie radiale de première intention ; héparine non fractionnée 70 à 100 UI/kg, cible d'ACT 250 à 350 s — 50 à 70 UI/kg et cible 200 à 250 s si un anti-GPIIb/IIIa est associé —, à réinjecter si la procédure se prolonge ; charge de clopidogrel 600 mg puis 75 mg par jour dans le syndrome coronarien chronique, pas de prétraitement systématique dans le syndrome coronarien aigu sans sus-décalage avant de connaître l'anatomie ; ticagrelor 180 mg puis 90 mg deux fois par jour dès qu'un inhibiteur du P2Y12 est indiqué ; hydratation salée 12 h avant et 24 h après, volume de contraste minimal.
- Le cathéter guide se choisit sur le support : EBU ou XB 3,5 pour l'interventriculaire antérieure, EBU 3,5 à 4 ou AL 2 Voda pour la circonflexe, JR 4 puis AR ou AL pour la coronaire droite.
- Purger, vérifier la courbe de pression, vérifier le retour de sang, chasser les bulles. Une pression aplatie impose de refaire purge et zéro ; une pression amortie ou ventricularisée impose de se désintuber avant d'injecter.
- L'incidence de travail doit dégager la lésion sans la raccourcir : OAD caudale ou face caudale pour engager le guide, bascule crâniale pour l'interventriculaire antérieure. Dérivé nitré intracoronaire avant toute mesure : isosorbide dinitrate 1 à 3 mg en intracoronaire.
- Guide : en connaître trois ou quatre, préformer au passe-guide avec une courbure de 3 à 6 mm, privilégier le looping, ne jamais forcer. Des extrasystoles ventriculaires signent un guide trop distal.
- Stenting direct sur lésion simple non calcifiée : bénéfice sur le critère décès-infarctus porté par la réduction des infarctus péri-procéduraux. Prédilatation à 6-8 atm avec un ballon sous-dimensionné dans tous les autres cas, et toujours si la lésion est hyperserrée.
- Diamètre du stent choisi sur le segment distal de référence ; toujours un stent actif ; couvrir toute la lésion ; ne jamais s'arrêter dans une sténose de plus de 50 %.
- Aucun seuil normatif de pression d'implantation, et aucune fenêtre de pression normative pour la postdilatation : au ballon non compliant, on va jusqu'à la pression nominale, voire jusqu'à la pression de rupture nominale, tant que la sous-expansion persiste — sous imagerie endocoronaire quand on en dispose, et à défaut jusqu'à la levée de l'empreinte à l'angiographie, jugée à l'agrandissement (Stent Boost). Les catégories de pression du registre suédois concernent l'implantation au ballon de largage. Inflation d'au moins 30 secondes, sur critères d'imagerie.
- Critères EAPCI : surface minimale du stent supérieure à 5,5 mm² en IVUS et 4,5 mm² en OCT, et supérieure à 80 % de la référence ; malapposition inférieure à 0,4 mm et 1 mm ; dissection de bord inférieure à 60° et 2 mm ; fardeau de plaque de bord inférieur à 50 %. Imagerie endocoronaire pour guider et vérifier l'implantation, IVUS ou OCT sans hiérarchie entre les deux ; IVUS préféré pour le tronc commun, les lésions ostiales et l'insuffisance rénale.
- Bon résultat final : flux TIMI III, pas de dissection distale sur deux incidences orthogonales, pas de sténose résiduelle. Mais 20 à 30 % des FFR de fin de procédure restent inférieures à 0,80.
15. Pièges fréquents
- Dilater une image plutôt qu'une ischémie. Une sténose intermédiaire non documentée n'est pas une indication, et le patient n'en tirera aucun bénéfice symptomatique.
- Promettre au patient que le stent le protégera de l'infarctus. Dans le syndrome coronarien chronique, ce sont la statine, l'antiagrégant et l'arrêt du tabac qui modifient le pronostic.
- Écrire ou dire « demi-dose » sans nommer la dose de référence. Une dose d'entretien ne se déduit pas d'une dose de charge : clopidogrel 600 mg puis 75 mg par jour ; ticagrelor 180 mg puis 90 mg deux fois par jour ; prasugrel 60 mg puis 10 mg par jour, ramenés à 5 mg si le poids est inférieur à 60 kg, et non recommandé au-delà de 75 ans.
- Baisser la garde parce que la lésion est simple. C'est sur ces lésions que l'on omet la purge, la collimation et la surveillance du guide — donc que surviennent les complications les plus évitables.
- Injecter sans avoir vérifié la courbe de pression. Une courbe aplatie signe une bulle ou une purge incomplète ; une courbe amortie ou ventricularisée signe une obstruction ostiale par le cathéter guide, et l'injection y crée une dissection.
- Retirer un ballon valve en Y ouverte. L'effet Venturi aspire l'air dans le cathéter : c'est une embolie gazeuse fabriquée de toutes pièces.
- Manipuler l'inflateur à l'horizontale. L'air résiduel doit rester au sommet de la seringue tenue verticalement ; et l'inflateur se remplit moitié contraste, moitié sérum.
- Mesurer la lésion sans dérivé nitré intracoronaire. L'isosorbide dinitrate, 1 à 3 mg en intracoronaire, s'injecte avant toute mesure : un spasme fait sous-estimer le diamètre de référence, donc choisir un stent trop petit — première cause de sous-expansion.
- Mesurer la longueur sur une incidence de raccourcissement. Le segment paraît court, le stent est trop court, et la lésion dépasse du bord.
- Préformer un guide hydrophile à la main ou à l'aiguille. La gaine polymère s'abîme, et un revêtement lésé peut se déliter dans le vaisseau.
- Forcer un guide qui ne progresse plus. Une pointe qui se déforme, une progression qui s'arrête, une stagnation du contraste : le guide est sous-intimal. On retire, on reforme, on ne pousse pas.
- Laisser le guide filer en distalité. Des extrasystoles ventriculaires doivent faire retirer le guide immédiatement : la perforation distale est difficile à gérer et sans bénéfice compensateur. Et si elle est faite : ballon gonflé en amont sans délai, échocardiographie sur table, embolisation si le saignement persiste.
- Pousser un stent contre une lésion serrée non prédilatée. On perd le stent, on dissèque, ou l'on déloge la plaque — et le franchissement échoue dans 15 à 20 % des tentatives de stenting direct.
- Retirer le ballon sans se désintuber légèrement. Le mouvement inverse enfonce le cathéter guide dans la coronaire droite ou le tronc commun : dissection ostiale iatrogène.
- Se contenter d'une inflation brève et s'arrêter sur une impression. Une inflation de trois secondes ne vaut pas une inflation de trente ; et sans imagerie endocoronaire, tant que l'empreinte de la lésion reste visible sur le stent à l'agrandissement, la postdilatation n'est pas terminée.
- Confondre sous-expansion et malapposition. La première prédit thrombose et resténose et se corrige sur la table ; la seconde, isolée et minime, se résout spontanément dans un tiers à quatre cinquièmes des cas.
- Prendre un bon résultat angiographique pour un bon résultat. Un stent sur quatre à un sur trois reste mal déployé en IVUS, deux sur trois en OCT.
- Attribuer une douleur thoracique précoce à une resténose. Dans les premiers jours, il s'agit d'une thrombose de stent jusqu'à preuve du contraire : coronarographie en urgence, pas d'épreuve d'effort.
Sources
- MESSAOUDI Y. Une angioplastie d'une lésion simple en pratique, de A à Z. Diaporama, CEC de cardiologie interventionnelle. document interne, non publié
- Neumann FJ, Sousa-Uva M, Ahlsson A, Alfonso F, Banning AP, Benedetto U, et al. 2018 ESC/EACTS Guidelines on myocardial revascularization. Eur Heart J. 2019;40(2):87-165. doi:10.1093/eurheartj/ehy394
- Vrints C, Andreotti F, Koskinas KC, Rossello X, Adamo M, Ainslie J, et al. 2024 ESC Guidelines for the management of chronic coronary syndromes. Eur Heart J. 2024;45(36):3415-537. doi:10.1093/eurheartj/ehae177
- Byrne RA, Rossello X, Coughlan JJ, Barbato E, Berry C, Chieffo A, et al. 2023 ESC Guidelines for the management of acute coronary syndromes. Eur Heart J. 2023;44(38):3720-826. doi:10.1093/eurheartj/ehad191
- Räber L, Mintz GS, Koskinas KC, Johnson TW, Holm NR, Onuma Y, et al. Clinical use of intracoronary imaging. Part 1: guidance and optimization of coronary interventions. An expert consensus document of the European Association of Percutaneous Cardiovascular Interventions. EuroIntervention. 2018;14(6):656-77. doi:10.4244/EIJY18M06_01
- Piscione F, Piccolo R, Cassese S, Galasso G, D'Andrea C, De Rosa R, et al. Is direct stenting superior to stenting with predilation in patients treated with percutaneous coronary intervention? Results from a meta-analysis of 24 randomised controlled trials. Heart. 2010;96(8):588-94. doi:10.1136/hrt.2009.183277
- Maron DJ, Hochman JS, Reynolds HR, Bangalore S, O'Brien SM, Boden WE, et al. Initial invasive or conservative strategy for stable coronary disease. N Engl J Med. 2020;382(15):1395-407. doi:10.1056/NEJMoa1915922
- Al-Lamee R, Thompson D, Dehbi HM, Sen S, Tang K, Davies J, et al. Percutaneous coronary intervention in stable angina (ORBITA): a double-blind, randomised controlled trial. Lancet. 2018;391(10115):31-40. doi:10.1016/S0140-6736(17)32714-9
- Jolly SS, Yusuf S, Cairns J, Niemelä K, Xavier D, Widimsky P, et al. Radial versus femoral access for coronary angiography and intervention in patients with acute coronary syndromes (RIVAL): a randomised, parallel group, multicentre trial. Lancet. 2011;377(9775):1409-20. doi:10.1016/S0140-6736(11)60404-2
- Valgimigli M, Bueno H, Byrne RA, Collet JP, Costa F, Jeppsson A, et al. 2017 ESC focused update on dual antiplatelet therapy in coronary artery disease developed in collaboration with EACTS. Eur Heart J. 2018;39(3):213-60. doi:10.1093/eurheartj/ehx419
- Lee JM, Choi KH, Song YB, Lee JY, Lee SJ, Lee SY, et al. Intravascular imaging-guided or angiography-guided complex PCI (RENOVATE-COMPLEX-PCI). N Engl J Med. 2023;388(18):1668-79. doi:10.1056/NEJMoa2216607
- Lawton JS, Tamis-Holland JE, Bangalore S, Bates ER, Beckie TM, Bischoff JM, et al. 2021 ACC/AHA/SCAI Guideline for Coronary Artery Revascularization. Circulation. 2022;145(3):e18-e114. doi:10.1161/CIR.0000000000001038
- Hoffmann R, et al. Randomized comparison of direct stenting with predilatation followed by stenting on vessel trauma and restenosis. Am Heart J. 2004;147(4):E13.
- Fröbert O, Sarno G, James SK, Saleh N, Lagerqvist B. Effect of stent inflation pressure and post-dilatation on the outcome of coronary artery intervention. A report of more than 90 000 stent implantations. PLoS One. 2013;8(2):e56348. doi:10.1371/journal.pone.0056348
- Saad M, Bavineni M, Uretsky BF, Vallurupalli S. Improved stent expansion with prolonged compared with short balloon inflation: a meta-analysis. Catheter Cardiovasc Interv. 2018.
- Secco GG, et al. Very high-pressure dilatation for undilatable coronary lesions: indications and results with a new dedicated balloon. EuroIntervention. 2016;12(3).
- Prati F, Romagnoli E, Burzotta F, Limbruno U, Gatto L, La Manna A, et al. Clinical impact of OCT findings during PCI: the CLI-OPCI II study. JACC Cardiovasc Imaging. 2015;8(11):1297-305.
- Valgimigli M, Gagnor A, Calabró P, Frigoli E, Leonardi S, Zaro T, et al. Radial versus femoral access in patients with acute coronary syndromes undergoing invasive management (MATRIX): a randomised multicentre trial. Lancet. 2015;385(9986):2465-76. doi:10.1016/S0140-6736(15)60292-6
- Montalescot G, Bolognese L, Dudek D, Goldstein P, Hamm C, Tanguay JF, et al. Pretreatment with prasugrel in non-ST-segment elevation acute coronary syndromes (ACCOAST). N Engl J Med. 2013;369(11):999-1010. doi:10.1056/NEJMoa1308075
Cours de la Pr Ag Yosra Messaoudi, Faculté de Médecine de Sousse.